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Vendredi 23 mars 2007
Détérioration de l'économie gaspésienne

Carleton - Les principaux indicateurs économiques révèlent que la situation s'est détériorée en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine entre 2003, année d'arrivée au pouvoir du gouvernement libéral de Jean Charest, et 2006, dernière année complète de son mandat.

(ph: Marc-André St-Pierre)
Le taux de chômage a augmenté, de 17,6 à 18,3 %, tandis que le taux d'emploi, le taux d'activité, le nombre d'emplois et la population active ont tous fléchi, parfois fortement.

Une donnée s'est appréciée pendant le mandat Charest, les dépenses totales d'immobilisations, qui sont passées de 310,6 millions $ en 2003 à 451,8 millions $ en 2006, une évaluation dans ce dernier cas, les chiffres n'étant pas officiels. Certaines de ces dépenses découlent en outre de décisions prises par le gouvernement du Parti québécois avant avril 2003.

Emplois

Le nombre d'emplois, à 35 200 en 2003, a fléchi à 33 400 l'an dernier, un recul de 1800 emplois. La chute s'est répartie entre les emplois à temps complet, où 1300 postes ont été perdus (de 28 900 en 2003 à 27 600 en 2006, et les emplois à temps partiel, où la baisse s'établit à 500 postes.

Le taux d'emploi, qui se situait à 44,4 % en 2003, est passé à 41,4 % en 2006, tout comme le taux d'activité, qui a baissé de 53,8 % à 50,7 %. Il y avait 42 700 Gaspésiens et Madelinots dans la population active en 2003 comparativement à 40 900 en 2006.

Ministre responsable de la Gaspésie, la candidate libérale dans Bonaventure, Nathalie Normandeau, concède que cette "situation économique commande de très grands défis" et que "la situation démographique demeure fragile". Elle rappelle quand même que le solde migratoire chez les 25 à 35 ans a été positif pour une troisième fois de suite en 2006.

"Faut-il faire davantage ? Oui, oui, oui !" dit-elle, rappelant que le taux de chômage a été plus élevé en Gaspésie, que 700 ménages ont quitté l'aide sociale entre 2003 et 2006 et que la région a subi la crise forestière et la fermeture de la cartonnerie Smurfit-Stone, de New Richmond.

Quand on lui dit que le précédent gouvernement avait aussi eu à traiter des crises, la fermeture de la mine et de la fonderie de cuivre de Murdochville et de l'usine Gaspésia, et que Jean Charest a pris 18 mois avant de venir en Gaspésie en début de mandat, la ministre défend son camp.

Elle souligne que Jean Charest est venu annoncer 19,5 millions $ pour la péninsule après la fermeture de Smurfit-Stone en 2005, que son gouvernement a bonifié les pactes ruraux et qu'il a consenti 5 millions $ du Fonds d'aide aux territoires en difficultés.

Le ministre Pierre Corbeil n'a-t-il pas mis bien du temps avant d'admettre l'ampleur de la crise forestière québécoise ? Elle répond que Québec et Ottawa ont déposé un plan d'aide à l'industrie dès octobre 2005.

Il a toutefois fallu attendre décembre 2006 avant qu'une firme québécoise, gaspésienne de surcroît, Rosario Poirier Inc., se prévale du plan, critiqué parce qu'il ne répondait pas aux besoins de l'industrie. Nathalie Normandeau assure que l'industrie forestière gaspésienne se relève, avec la relance de la scierie Temrex de Saint-Alphonse et celle, prochaine, de la coop de Saint-Elzéar.

La ministre souligne que son gouvernement favorise le développement d'un troisième pôle dans la fabrication de composantes éoliennes.

Elle note que si l'entente spécifique de 2,5 millions $ en agriculture n'a pas encore supporté des projets concrets, c'est parce que le secteur devait s'entendre sur la teneur du programme.

Le fonds minier aidant les pros-pecteurs est échu depuis 2002. La ministre défend son régime en signalant qu'il soutient le domaine avec la fiscalité et qu'elle déposera un plan pour la prospection.

Quant à la sauvegarde des services ferroviaires, elle sera assurée grâce à une entente de partage de risque avec Ottawa, mais l'État en a retardé l'annonce pour ne pas donner dans l'opportunisme.

Observateur et acteur social et économique en Gaspésie de 1979 à janvier 2007, Bernard Major, fondateur de la ferme fromagère Chimo, de Gaspé, déplore deux éléments des récents gouvernements, et du dernier mandat en particulier.

"On n'a pas senti l'urgence d'agir pour soulager les malheurs économiques de la Gaspésie. Pour y arriver, il faut que les infrastructures de développement soient prises en charge par les Gaspésiens, pas par des voleurs qui s'enfuient quand les ressources sont épuisées", dit-il.

(Source : Le Soleil / Gilles Gagné)

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