Tous ces secteurs d'activités connaissent aujourd'hui de graves difficultés après avoir enrichis des industries étrangères. On a donné les mines, le textiles, le bois et le poisson. Sans faire mention des usines d'automobiles qui ont aussi contribué à l'appauvrissement du Québec en fermant leurs portes. On s'apprête à faire la même chose avec l'eau. Et quand nous serons asséchés, par les étrangers, nous continuerons à pleurer sur notre sort de petit peuple meurtri et grenouille qui cherche à se faire boeuf.

Comment se fait-il que l'histoire ne nous donne jamais de leçon?

Je suis un brin radoteur quand il s'agit de ce qui se passe au Québec. Depuis longtemps je martèle l'idée que nous glissons dangereusement vers un état régime de bananes. À voir Kruger fermer des usines, puis Bowater s'apprêtant à faire la même chose, on devrait avoir compris. Malheureusement, on continue à croire qu'il faut aller jusqu'au bout de la ressource sans réfléchir une seule seconde sur les moyens à prendre pour en assurer la pérennité. Et, pour me répéter, c'est le même topo qui est en vue pour la question de l'eau.

Les dernières élections ayant donné lieu à des règlements de compte, à des bassesses d'écoles de réforme, à comportements souvent puérils, il est aujourd'hui impossible de voir si le gouvernement a la question de l'eau inscrite en priorité dans son agenda. Il y a fort à parier que, comme c'est maintenant le cas du bois, on essaiera trop tard de réparer les pots cassés.