Pétrole et politique
Par Marc-André St-Pierre, vendredi 11 mai 2007 à 17:23 :: General :: #22 :: rss
Les règles du marché sont intéressantes. Elles doivent être libres afin de donner la chance à tous... tous ceux qui ont déjà les moyens d'avoir encore plus de moyens.
Le Parti conservateur est en train de nous démontrer qu'il a beaucoup de Libéral dans le nez. C'est le parti qui nous disait, il n'y a pas si longtemps, qu'il fallait rendre le Canada plus productif. D'où son impossibilité à pondre un plan environnemental digne de ce nom, dans un contexte d'urgence, il ne faut pas l'oublier. Et aujourd'hui ce gouvernement nous dit, dans un même élan mais avec une logique douteuse, qu'il ne veut rien faire pour contrôler les bandits de l'industrie pétrolière. Toujours au nom de la sainte productivité.
La logique douteuse, derrière ça, c'est tout simplement que le pouvoir d'achat du citoyen est aussi un élément important de productivité. Or, si le prix de l'essence est élevé, le citoyen cherche à rester chez-lui. Même le bénévolat, le vrai, pas celui qui paie tout et même un peu plus, est touché directement par le vol systématique de nos sous par les pétrolières. Je l'ai dit l'autre jour, un pays productif ce n'est pas un pays qui offre des avantages uniquement aux gens qui ont déjà l'argent pour faire ce qu'ils veulent.
En cela, le Parti conservateur n'est en rien différent du Pari libéral. Alors, une question s'impose, y a t-il un gouvernement capable de gérer un pays démocratique en offrant les mêmes possibilités, les mêmes avantages autant à l'industrie qu'au simple citoyen? Nous avons ici deux partis à la solde des multinationales. Deux côtés d'une même pièce de monnaie.
Je ne suis pas de ceux qui croient que le capitalisme c'est le diable sur la terre. Cependant, je suis de ceux qui croient que le capitalisme n'est pas l'apanage des multinationales. Et, quand on nous dit qu'il faut laisser faire le marché, je voudrais que ce soit vrai pour tous et non pas seulement pour une poignée de bandits qui ont leurs entrées dans les parlements et qui se font voter des lois exclusives, contraignantes, qui empêchent souvent la concurrence. La dictature économique existe ici au Canada comme en Afrique. Elle est à peine plus subtile.
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Deux nouvelles de dernière heure, coup sur coup. Pauline Marois et Gilles Duceppe s'affronteront dans la course à la dangereuse chefferie du Parti québécois pendant que Claude Béchard, ministre des Richesses naturelles du Québec, pompe l'air des pétrolières.
Dans le premier cas, c'était attendu mais ça demeure inexplicable. Pourquoi Marois reviendrait se casser les dents dans ce qui risque fort de lui faire ravaler à nouveau ses larmes de désarroi? Et Duceppe? Il joue gros. Fini à Ottawa et rien ne lui assure la première place au Québec. Mais, malgré l'accueil froid dont il semble faire les frais, il n'est pas dit qu'il ne pourra en sortir gagnant. Reste que, la seule raison valable pour les voir tous les deux dans cette énième épisode de la lutte fratricide du PQ c'est qu'on veut ENCORE donner l'impression d'une démarche démocratique relevée. On essaie d'éviter que des deux de piques profitent de cette faille dans le système péquiste qui oblige presque à une course plutôt qu'à un couronnement. J'espère qu'on évitera la pénible et trop longue course à la chefferie de 2005.
Claude Béchard est-il un gars téméraire, naïf ou populiste? La question se pose d'autant plus qu'hier, l'automate d'Ottawa, Maxime Bernier, montrait les couleurs de son chef en fermant la porte à toutes interventions politiques pour contrer le vol systématique des pétrolières. Claude Béchard est déjà seul dans son combat. Il serait téméraire. Mais, peut-être croit-il vraiment qu'il peut tenir tête à cette mafia facilement comparable au cartel de la drogue colombien. La seule différence se trouvant uniquement dans le fait qu'on maintienne artificiellement une apparence de démocratie. Il serait naïf. Il y a aussi le fait que le Parti libéral du Québec a un urgent besoin de reconnaissance populaire. Il serait populiste.
Je ne crois pas que Claude Béchard puisse faire quoi que ce soit devant les Grands Bandits de l'industrie pétrolière. Il se rendra compte bien assez vite qu'il n'a pas affaire à des enfants d'école. À moins qu'il ait vraiment la couenne dure et ne craigne aucunement d'affronter ces malfrats. Ça arrive parfois dans l'histoire ce genre d'incorruptible. Sauf qu'il aura aussi à se battre à l'intérieur même de son propre caucus là où certains de ses confrères, moins scrupuleux que lui, auront déjà eu quelques visites amicales afin de le ramener à la raison.
Bonne chance monsieur Béchard!
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