Claude Béchard s'époumone face aux pétrolières. Il veut rencontrer les grands boss et se faire entendre. Claude Béchard s'époumone surtout à nous faire croire qu'il est de notre bord. Parce que Claude Béchard c'est aussi celui qui a remplacé Thomas Mulcair qui déplaisait tant à Jean Charest, the Boss. Claude Béchard est donc celui qui, du haut de sa super structure de politicien suffisant n'a pas voulu écouter les citoyens d'Orford qui contestait le plan de son gouvernement. Lui, le petit politicien de pacotille qui regardait ses citoyens de haut voudrait maintenant qu'on soit convaincu que les Grands Boss de l'industrie pétrolière vont le regarder à sa hauteur? Sa majesté risque de prendre une méchante débarque.

D'abord parce que les politiciens ont tellement tardé à montrer qu'ils étaient ceux qui devaient mettre le poing sur la table et empêcher que le ridicule finisse par nous tuer. Ensuite, parce que, face à l'industrie pétrolière, il n'est même pas une goutte d'eau dans le pétrole!

Béchard parle comme un politicien d'une autre époque qui oublie que nous savons nous aussi un peu ce qui se passe.

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Ces derniers temps j'écoute beaucoup la radio 98.5 FM. Paul Arcand y anime une émission le matin assez intéressante. Et, il a le don particulier de nous démontrer à quel point les politiciens, les hauts fonctionnaires, les syndicats, en fait tous ceux qui ont à prendre des décisions importantes dans notre société, emploient une langue de bois, un discours anachronique, une rhétorique de sophismes dont l'aberration et les résultats, on le sait maintenant, ont rendu le Québec totalement improductif, voire inerte. Heureusement, dira t-on, il y a des gens qui s'élèvent au dessus de ça, en se battant dans ce fouillis social, pour nous donner parfois des "oeuvres" hors du commun. C'est d'ailleurs ces exceptions qui nous font réaliser à quel point nous sommes enchaînés à un système volontairement nivelé vers le bas.

Les politiciens auraient pu faire quelque chose. Le 26 mars dernier, ils ont reçu un avertissement. À les voir aller, bien peu parmi eux ont retenu la leçon. Parce que du haut de leur tour, ils analysent ça comme l'exception qui confirme la règle, comme le coup habituel du hasard. Ils sont convaincus qu'il faut continuer à endormir la population pour faire ce qu'on veut.

Quelques exemples:

- Vincent Lacroix donnera t-il une leçon définitive à nos penseurs pour qu'on puisse enfin dormir en paix avec nos investissements? Probablement non!

- Y aura t-il d'autres Mont-Orford lors de l'avènement d'un prochain gouvernement majoritaire? Probablement oui.

- Les dépassements abusifs de coûts sur les différents chantiers du Québec, payés avec le impôts des pauvres citoyens vont-ils continuer? Assurément!

- Des ponts vont-ils continuer à s'effriter, des routes continuer à ressembler à des champs de mines? C'est l'évidence même! Ce que nous démontre le semblant de sérieux de la commission Johnson.

- Les restructurations d'entreprises, sur le dos des pauvres travailleurs, pour aller s'établir dans des pays pauvres et assurer un salaire mirobolant au PDG et des fortunes magiques aux actionnaires vont-elles continuer? Certainement!

- Neuf (9) québécois sur dix (10) demandent l'étiquetage des produits à base d'OGM. Jean Charest va t-il comprendre? Non, parce qu'il est à la solde d'un puissant lobby avec Monsanto en tête qui ne se formalise d'aucune façon d'empoisonner les gens. Eux, ils n'en mangent pas!

- Les mauvaises raisons, les fausses raisons, les raisons inventées et les raisons provoquées vont-elles s'amplifier pour justifier les hausses concertées du coût de l'essence? Jusqu'à la dernière goutte!

- Les réformes scolaires annuelles vont-elles continuer leur mouvement perpétuel? Oui, bien sûr! Jusqu'à ce que personne ne comprenne vraiment plus rien et qu'on paie des spécialistes pour élever, instruire et éduquer nos enfants dans des institutions privées du style des anciens pensionnats!

- La pauvreté va t-elle croître au Québec? À l'allure qu'on nous taxe, qu'on nous impose, qu'on oblige des diminutions de salaire, le Québec est maintenant sur le seuil de porte du Tiers-Monde.

- Le milieu hospitalier va t-il continuer à dépenser des millions aux mauvais endroits? Sans contredit! Les bandits sont partout!

Tout cela, et de bien pires choses encore, est possible parce que tous les décideurs agissent de deux manières. La première, ils font comme si nous étions encore au XIXe siècle où les médias étaient très rares. La deuxième, quand ils s'aperçoivent qu'ils ont la malchance d'être talonnés par ces médias, ils utilisent aussi un discours d'un autre âge, comme si les médias n'étaient lu encore que par une petite élite de gens instruits. Ils oublient que l'information vient de partout, qu'on sait aussi vite ce qui se passe en Irak qu'au parlement de Québec. Même si souvent il y a désinformation, l'effet fini bien souvent par être le contraire de celui escompté.

Un exemple: la désinformation systématique a permis à George W. Bush de faire la guerre en Irak. Près de 98% de la population appuyait la méthode forte. Mais, à trop en mettre, cette désinformation a aussi eu son incontournable besoin de preuves. Or, les américains ont vu entrer de plus en plus de soldats tués, ont vu des milliards être engloutis dans cette guerre et ont commencé à voir poindre le spectre d'un autre Vietnam.

Ces discours anachroniques sont en corrélation évidente avec la montée d'une sorte de despotisme démocratique, celui qui permet de tout faire sans rendre de compte à personne juste parce qu'on a été élu! Jean Charest vient d'en payer une partie du prix. Ce n'est pas fini. Tant que les politiciens ne se connecteront pas à leur base, le risque qu'on les utilise comme on utilise le moindre objet jetable après usage va augmenter. Jusqu'au jour où ce sera l'anarchie dans notre parlement, où ce sera devenu impossible de gouverner sagement, pacifiquement!