Le milieu de la Santé fait parler de lui depuis des décennies. Et plus ça va plus le cancer ronge ce département. Les urgences sont "full à l'os" et les infirmiers-infirmières (comme disent les syndicats, André Boisclair et quelques bonbons roses téteux), sont brûlés. Et quand je vous dis brûlés, le mot est faible. Je ne sais pas ce qui se passe dans les hôpitaux, je ne sais pas qui gère aussi mal le personnel, mais on sent une volonté croissante de foutre le bordel, de mettre les employés à terre pour une raison que...

Le très bon ministre de la Santé, Philippe Couillard (celui qui n'a même plus le goût d'être là) dit avoir mis beaucoup d'argent. À voir ce qu'il voit, il conclut que le problème vient des directeurs d'hôpitaux. Couillard a tort et raison...

Croyez-vous que l'épaisse bureaucratie qui vous empêche d'arriver rapidement au but recherché lorsque vous avez des démarches quelconques à faire ne se retrouve pas dans le domaine de la Santé? N'oubliez pas, chacun a son petit po-poste à sauver, chacun se prend pour Napoléon - et vous le fait vite comprendre - chacun ne veut pas être imputable d'une erreur. Alors, il faut que ça soit épais, aussi épais que l'épaisseur intellectuel d'une bonne part de ceux qui gèrent tout ça.

Prenons un exemple. Je vous donne 2000$ pour vous occuper de quatre enfants pendant une semaine. Vous prenez cet argent, vous vous achetez un fauteuil, un bureau, un ordinateur pour gérer leur fiche... Puis vous allez chercher le enfants. Vous venez de vous rendre compte que vous avez déjà dépassé le budget alloué et les enfants ne sont pas encore avec vous. Votre premier réflexe est de justifier votre dépense pour le bien des enfants. Alors vous revenez me voir pour un petit surplus. Je vous l'accorde. Rendu à la maison, vous constatez que votre voiture n'est pas assez grande pour voyager adéquatement ...

Vous comprenez ce que je veux dire. Mais ce n'est pas tout. Vous vous apercevez que c'est trop de vous occuper de quatre enfants. Vous demandez d'en avoir un de moins... avec le même argent que pour les quatre. J'accepte, parce que je sui mal pris, disons. Et je peux continuer ainsi assez longtemps.

Ici, je vous en ai parlé souvent, on a le cas de l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts. Parlez-en aux employés. Plusieurs ne comprennent pas encore ces fermetures de lits il y a quelques années alors qu'on rénove régulièrement l'édifice et qu'on ajoute des bureaux, donc des bureaucrates plus rapidement qu'on passe à l'urgence. C'est un petit scandale qui gagnerait à être vérifié. On comprendrait probablement les reproches de Couillard quand il met la faute sur le dos des directeurs d'hôpitaux.

Là où Couillard n'a pas raison c'est le fait que la gangrène qui attaque le milieu de la Santé est prévisible depuis longtemps et que ni les ministres qui se sont succédés, ni les fonctionnaires qui dorment dans les bureaux n'ont eu les couilles qu'il faut pour régler le problème. Il y a trop de chefs...

Pour en revenir au vieux truc, je me demande si toute cette aggravation du problème qu'on note ces derniers temps ne fait pas partie d'un petit plan pour rendre si pourri le milieu et le climat qu'on prétendra ne plus avoir d'autre choix que de remettre les rênes aux mains du Privé. Le fait de brûler le personnel, le fait de rendre plus difficile les examens d'infirmiers-infirmières (comme disent...), le fait d'écoeurer les malades en les parquant dans les couloir, en les niaisant dans les urgences, en les retournant chez-eux sans avoir pratiqué la chirurgie prévue, je pense sincèrement qu'il y a là plus que de la mauvaise gérance. Il y a là de la mauvaise foi patentée dans un but de moins en moins occulte, celui de privatiser, celui de revenir à l'utilisateur-payeur-direct.

Je ne pense pas que la solution de privatiser soit la meilleure. Parce que les syndicats seront là aussi pour foutre le bordel. Ils le font dans des petites PME de quelques employés, alors... Il faut peut-être voir si un mariage entre le privé et le public est possible. N'oublions pas qu'il y aura toujours des gens incapables de payer les coûts exorbitants que commandent les soins de santé.

Est-ce que j'ai envie d'aller à l'hôpital? Absolument pas. Je vis avec une foule de petits et moyens bobos depuis des années et je refuse d'aller perdre des heures dans une salle d'attente, être reçu par un médecin suffisant qui ne se rend pas toujours compte que je suis là, et qui me parle 10 minutes pour me donner une prescription qui va me doper et qui le libérera de fouiller plus à fond le problème. En me faisant prendre des pilules, il ne fait juste se positionner avantageusement pour une éventuelle ristourne. Il rejette la responsabilité des soins sur ma fidélité à me gaver de chimique. Il n'aura jamais fouillé bien loin pour comprendre le problème. Et si je ne fais pas ce qu'il dit, il va jouer au paternel fâché et me dire que c'est ma faute si...


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Vous vous dites peut-être que je suis un brin inconséquent quand je dis que d'un côté les syndicats ne sont pas là quand il faut et que de l'autre... ils sont trop là.

Je veux juste dire qu'ils sont trop là pour faire de la merde quand leur membership est menacé, quand les entrées d'argent peuvent diminuer et ainsi abaisser le train de vie des pachas qui dirigent en despotes leur syndicat.

Je veux dire qu'on ne les voit plus du tout quand il s'agit de régler les cas d'injustices, les cas de problèmes internes, les cas d'abus ou de harcèlement des ti-boss.