Amuse-gueules du 23 juin
Par Marc-André St-Pierre, samedi 23 juin 2007 à 17:08 :: General :: #54 :: rss
Raymond Bachand, le démocrate ami des minorités; Montréal se meure et entraîne le Québec; l'option souverainiste, va t-on enfin entendre parler d'autre chose?; St-John lost his spectacle, bravo pour les minorités; à quoi sert-il de vouloir se sortir du trou au Québec? -- ajout de dernières minutes (pétition pour l'abolition du poste de lieutenant-gouverneur, ah ah ah!)

Raymond Bachand le démocrate
Il y a de ces phrases en apparences anodines qui sont lancées ici et là de long discours pompeux et qui tombent comme feuilles en automne. C'est normal. Il y a tellement d'informations diffusées rapidement de nos jours qu'on ne peut s'arrêter à chacun des poèmes électoralistes de nos bons politiciens. Parfois, cependant, nos yeux ou nos oreilles s'arrêtent sur l'une des belles strophes joliment et stratégiquement lancées sans qu'on sache pourquoi. C'est ce qui m'est arrivé en lisant la petite montée de lait de Raymond Bachand contre une autre montée de lait, celle du maire de Montréal.
C'est une phrase qui me semble résumer toute la philosophie déviante issue de la compréhension opportuniste de la Charte des droits. Et que dit donc Bachand qui me titille ainsi la neurone de l'écoeurite sur la Charte? Ceci: M. Bachand a expliqué que la différence entre la dictature et la démocratie se situait dans la façon dont sont traitées les minorités (Lire le texte). Ça c'est en réponse à Gérald Tremblay et une large représentation de l'intelligentsia montréalaise qui s'aperçoivent que la nouvelle structure qui sera imposée à Montréal (1 650 000 d'habitants) n'a pour but que de satisfaire 200 000 personnes...
Au Québec, depuis l'imposition de la Charte des droits, qui a légitimement mais sauvagement remplacé le catéchisme catholique, on n'en a que pour les minorités. Avec Bachand on vient d'entendre un politicien dire ouvertement ce qu'un peut tout le monde sait depuis longtemps. Bachand appelle ça de la démocratie. Pourtant, le seul spectacle démocratique auquel on a eu droit depuis 25 ans c'est le nivellement par le bas ou ce qu'appelle Denise Bombardier, la philosophie Chain-Saw. Il ne faut pas qu'aucune tête dépasse au Québec. Tous nous devons faire la même chose, personne n'a le droit d'être meilleur que les autres. Si au moins nous étions tous des bolés!
Évidemment c'est un leurre. C'est aussi l'éternelle application de loi "diviser pour régner". Le leurre c'est de nous faire croire que notre société dite ouverte peut accepter tout et n'importe quoi et même d'être écrasée par ceux que nous aidons. Mais, nous venons de l'apprendre officiellement, les québécois ne sont pas aussi ouverts qu'on le prétend. C'est pas grave, on continue à satisfaire les moindre caprices des minorités parce que ça crée des dissensions salutaires dans le peuple. Quand les citoyens se déchirent entre eux, les politiciens peuvent leurs passer n'importe lequel sapin!

Montréal la pauvre
Je n'ai jamais eu pitié de Montréal. De tout temps, son arrogance envers les régions, sont déni presque, la rendait haïssable. Tout passait toujours par Montréal et toutes les décision étaient en fonction de Montréal. Du moins en apparence. Parce qu'il faut bien le dire, Montréal n'est plus l'ombre d'elle-même. Et ça n'a pas commencé hier matin.
Elle a perdu son titre de Métropole du Canada au profit de Toronto, coïncidence étrange, au même moment où naissait la Charte des droits. À cette époque, le Québec sortait de son premier référendum, le PQ trouvait tous les trucs inimaginables pour qu'on fasse pitié par rapport au reste du Canada et ainsi stimuler notre colère de faire partie d'un pays qui creusait notre tombe.
Aujourd'hui, force est d'admettre que nous n'avons pas eu besoin du ROC (Rest Of Canada) pour nous foutre dans le pétrin. Nous y avons très bien réussi et avec un certain plaisir, faut-il le dire. Cependant, ce qui m'étonne maintenant c'est qu'après avoir toujours cru que le PQ était le seul responsable de l'épaisse bureaucratie sclérosante et paralysante je constate que le PLQ n'a rien à lui envier. Et celle qui est en train de nous baiser la joue en Haute-Gaspésie est aussi responsable du dernier clou qui risque d'enfoncer Montréal dans un gouffre difficile à se relever. Nathalie Normandeau crée des structures encore plus lourdes. Elle aime ça.
Montréal suffoque. Et bien sûr toute la province suffoque. Sauf peut-être, comme le disaient Paul Arcand et Jean Lapierre cette semaine, sauf peut-être Québec, le Gros Village, bourré de fonctionnaires qui décident dans leurs bureaux sans jamais les quitter que pour venir nous faire la leçon durant leurs vacances. Ils ne savent rien des besoins de tout ce qui est hors le Gros Village. Mais, ils pontifient.
Ils font de la terrasse sur Grande-Allée, mangent un spaghetti sur la rue Cartier, achètent leur papier de toilette au Centre d'achat Ste-Foy et filent à toute allure quand ils passent dans St-Roch. C'est leur vie et faut pas la déranger.
Pourtant, faudra bien qu'un ministre ait quelques couilles ou une ministre (on dit quoi d'une ministre?) pour mettre ces gens-là au pas. Au moins leur rappeler que tôt ou tard l'étau va aussi se resserrer sur leur ville bénie! Et ce jour-là, le cheval de Troie fera un bien pénible ravage dans cette bubulle d'égocentriques et de narcissiques qui ont littéralement détruit le Québec! Ils ont voulu effacer totalement le passé judéo-chrétien du Québec mais ont du même souffle annihiler les forces créatrices que nous avions. Ils ont jeté l'eau et le bébé avec l'eau.

L'option souverainiste, passons à autre chose
Ça fait déjà deux ans (au moins) qu'on nous dit que l'option souverainiste est en régression. Et encore hier, un sondage nous ramène cette nouvelle. À ce rythme elle doit bien être à moins 10%. Il était temps que les choses changent. Malheureusement, elles changent non parce que les québécois ne veulent rien savoir d'un pays. Mais parce que personne n'a réussi à nous démontrer pourquoi nous devrions quitter un pays reconnu, un pays démocratique, un pays qui ne nous oppresse pas plus que nos propres fonctionnaires et politiciens le font. Au contraire, si nous ne sommes pas encore en Régime de bananes c'est bien parce que le Canada a parfois eu son mot à dire sur nos niaiseries politiques et économiques.
J'aime bien mon député. Mais quand je l'entend dire que sa "première" priorité c'est la souveraineté du Québec, j'ai parfois peur que cet idéalisme qui n'est qu'un relent du XIXe siècle ne lui fasse perdre de vue qu'il y a bien plus à faire pour l'humanité que de chercher querelle là où il n'y en a pas. Si nous étions à Cuba et même en Écosse tiens, je dirais différemment. L'Écosse c'est déjà un pays. Cuba est mené par un dictateur qui a oublié sa mission première.
L'option souverainiste n'a pas nécessairement à être mise au rancart. Tout simplement, elle doit être là dans l'air comme une possibilité parmi d'autres. Si un jour la nature des choses nous dirigent vraiment vers cette option et bien ce sera ça. Des référendums à répétition c'est une pure perte d'énergie. Et de l'énergie nous en avons bien besoin au Québec pour faire face aux menaces extérieures qui nous condamnent à n'être que des consommateurs de produits étrangers. Et cela n'est pas dû aux politiques canadiennes uniquement. L'UPA, par exemple, qui a réussit à mettre à terre toute l'agriculture québécoise au point où nous devons maintenant acheter de l'extérieur des produits pourtant indigènes est un pur symbole de la débandade du Québec.
Si ça ne change pas, ce n'est pas d'indépendance que nous aurons besoin mais bien que les chinois achètent des petits québécois pour quelques yens afin de nous sortir de notre misère.

St-John lost his spectacle
À force de foutre le bordel dans toutes les institutions du Québec, à force de leur donner des noms, des surnoms, des sousnoms, à force d'accommoder les minorités, à force de ne plus avoir aucun repère culturel, religieux, politique, il est normal que la Fête des fêtes, celle qui a rassemblé tant de canadiens français et de québécois soit devenue une parodie d'elle-même.
En la nommant Fête nationale, on a évidemment scindé le Québec en deux, encore une fois. Certain qu'on a fait plaisir à tous les groupuscules religieux - ces minorités qu'il faut baiser pour être démocratiques - en gommant le nom de St-Jean. En bon québécois, ne vaut-il pas mieux téter les étrangers et se mettre à dos nos frères et soeurs? Et puis, les fédéralistes du Québec ne sont-ils pas des faux-frères, des faux québécois? Pas grave si la majorité des allophones sont fédéralistes. Sauf pour Jacques Parizeau, bien sûr. Ils viennent d'ailleurs. N'a t-on pas appris de nos aïeuls à bien accueillir la parenté, à leur donner à manger même si, nous, nous crevons de faim?
"Dans mon temps" on se rendait sur le terrain de la St-Jean-Baptiste, il y avait des jeux, quelques spectacles, on payait 25¢ pour trois boules bleu-blanc-rouges qu'on lançait à un gars saoul peinturé en nègre (Félisss à Tabère qu'on l'appelait). Je n'ai aucun souvenir que le nègre de service avait quelque chose à voir avec le racisme. Aujourd'hui, le simple fait de dire "nègre" (oups, je l'ai dit), vous vaut bien des tracas. Résultat, on ne fête plus beaucoup. Tout est interdit. Un vrai maudit pays communiste, plate, insipide. Tu prends justes un verre de trop et tout le monde te regarde comme si tu avais la lèpre ou tu sortais de prison. Et dites-moi, y a t-il moins de gens qui meurent sur les routes? Y a t-il moins de gens tués par des saoulons?
On savait fêter avec pas grand chose dans le temps. Pas grand chose, mais beaucoup plus de choses que maintenant. Aujourd'hui, si tu n'as pas les subventions (ce BS déguisé), tu ne fêtes pas. Pas d'imagination. L'imagination, je vous l'ai dit plus haut, c'est bien mal accueilli au Québec, principalement chez les fonctionnaires. Résultat, tu manges quelques blé d'Inde et des hot-dogs, tu bois de la bière si tu es jeune et sans voiture, tu marches cent fois le même parcours pour essayer de reconnaître quelqu'un que t'as pas vue depuis longtemps. Où sont les activités? Où est le plaisir? Le plaisir, c'est comme au temps de l'Église, c'est souvent immoral, c'est subversif! Ah, il sont bons nos fonctionnaires. Ils ont réussi à faire pire qu'au temps de l'Église qu'ils ont si bellement démolie!

Se sortir du trou, pourquoi?
Puisque je suis dans une petite colère bien québécoise, voici un autre exemple de notre si jolie mentalité. Pas très loin de chez-moi, un gars d'une cinquantaine d'années, un peu désoeuvré, décide un jour de prendre une année pour aller étudier les rudiments de l'agriculture... biologique. Il revient chez-lui et décide d'en faire une profession. Comme il a déjà quelques terres, il ne lui reste qu'à la travailler. C'était sans compter sur le beau voisinage gaspésien (québécois) pure-laine. Depuis qu'il essaie de s'en sortir, les tracasseries se multiplient autour. Les tracasseries et aussi les mémérages pour démolir sa réputation. Pourtant, il y a quelques années, quelques-uns de ses détracteurs le traitait de maudit BS.
Dites-moi, que faut-il être au Québec pour être quelqu'un? Les américains, les juifs et même les français félicitent et encouragent l'esprit d'entrepreneuriat, l'esprit de gagnant. Pourquoi ici, faut-être trou du cul, avoir un ti salaire minable, plein de dettes pour être reconnu comme une personne normale?
À suivre: bientôt, La liste des grandes réalisations québécoises!
Ajout
Au moment de publier je reçois un courriel pour la signature d'une pétition pour l’abolition de la fonction de lieutenant-gouverneur. Évidemment, je ne signerai pas. Bien que ce poste soit archaïque et le possible symbole d'un pouvoir colonial (comme si la France n'avait pas eu de colonies!), comme ils disent, je considère comme une perte totale de temps de s'attaquer justement à ce qui n'a pas de sens ni d'importance. Ce qui ferait sens c'est l'abolition d'une multitude de postes de fonctionnaires qui nous reculent bien plus que le poste de Lieutenant-gouverneur. Envoyez-moi une pétition pour ça et je fais le tour de la planète! Pour le reste, voulez-vous s'il-vous-plaît être un peu plus sérieux et vous occuper de choses plus importantes que cette maudite niaiserie-là! On y reviendra sûrement!
Commentaires
1. Le jeudi 28 juin 2007 à 04:47, par P.A. Beaulieu
2. Le vendredi 29 juin 2007 à 17:15, par Marc-André
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