Le boss Hydro

«C'est Noël car il neige dans ma tête». On connaît bien cette toune de l'ancien groupe humoristique Paul et Paul. Ça tombe bien. Moi, je vous parlerai de Paul à Paul, un résident de Cap-Chat. Quand j'étais plus jeune, ma mère achetait ses arbres de Noël de Paul à Paul. Depuis que je suis revenu à Cap-Chat, j'achète mes arbres de Paul à Paul. Mais, cette année, Paul à Paul a entendu cette nouvelle version de la chanson de Paul et Paul, chanté par Hydro-Québec... « Y a pu de Noël car on arrose sur la terre...». Voilà, y a pu de sapins de Noël. À vrai dire, il y en a mais il n'a pas le droit d'en vendre. Parce qu'Hydro-Québec a arrosé en malade son secteur de bois, pour éliminer tout ce qui peut nuire à ses pylônes. Comme Hydro arrose régulièrement nos framboises et nous avertit, une fois qu'on les a mangé, qu'il vaut mieux ne pas les consommer.

L'arrosage systématique à grande eau chimique, ça fait partie de ce que j'appelle la loi du moindre effort. Il y a plusieurs années, avant qu'Union Carbide ou Dow Chemical deviennent les boss de la planète, on envoyait une armée de travailleurs qui nettoyaient la venelle des pylônes sur des centaines de kilomètres. Ça avait l'avantage de laisser à l'être humain la possibilité de juger si on pouvait détruire ou non certaines choses. Aujourd'hui, ce jugement est disparu. Tu arroses le périmètre "utile" sans égard à la végétation, à la faune et, bien sûr, à l'être humain qui avoisine les territoires d'Hydro.

Ce qui me dépasse toujours, dans ces situations, c'est pourquoi des grosses business comme Hydro ont le droit de faire des choses qu'on vous interdit maintenant - avec raison - de faire dans votre jardin ou sur votre pelouse. Pourquoi les décisions sont toujours prises selon l'épaisseur du portefeuille? L'arrosage chimique est interdit sur les pelouses. Me semble que les raisons de son interdiction devraient aussi prévaloir pour Hydro.

Une question s'impose tout de même. Étant donné qu'Hydro arrose "illégalement" ses territoires et impose ensuite qu'on ne cueille rien dans un périmètre assez large, est-on en train de créer une certaine rareté qui permettra encore à des petits mafieux d'avoir le contrôle sur un bien public? Le sapin à Paul à Paul, ne me coûtait pas grand chose. Pourtant, il allait dans les bois, dans la neige épaisse et ainsi de suite. Les sapins de culture sont en rangée dans un petit secteur facilement accessible. On nous les vend au prix minimum de 25$. Je n'en dis pas plus!

Alors, merci Hydro-Québec! Les sapins sont déjà rares cette année et ma fille attend le sien qu'elle risque de ne pas voir, maintenant que mon vendeur s'est fait arrosé les siens. Le Roi des forêts se fait rare. Et ce qui reste est bien "protégé" par Hydro... heureusement!!!

Petit retour sur le CLD

J'ai reçu plusieurs courriels suite à ce que j'ai écris sur le CLD. Je ne me gargariserai pas de ce qui m'est dit. Je ne suis pas du genre à flotter sur les nuages, même si on me donne raison. Je l'ai déjà dit, on passe rapidement de héros à zéro dans notre milieu. Cependant, j'ai crois avoir mal exprimer ce que je voulais dire sur ce qui se passe au CLD.

Je ne m'attaque pas aux personnes mais à la boîte. La boîte, le CLD, ce n'est pas différent de toutes les autres boîtes de fonctionnaires que je dénonce régulièrement. Cette culture bureaucratique qui donne le pouvoir de "vie ou de mort" à quelques trous de culs. Oui, il y a des gens qui travaillent là avec le profond désir de faire un travail honnête pour la région. Mais, nous le savons, une chaîne n'est jamais plus forte que son maillon le plus faible. Ça, ça veut dire que t'as beau avoir les meilleures intentions du monde, s'il y a quelques morons, quelques baveux, quelques profiteurs qui sont quasiment en conflit d'intérêts, tu ne pourras jamais faire avancer certains dossiers, s'ils ne le veulent pas. C'est ça que je dénonce, c'est une partie de la culture bureaucratique. Quand tu travailles dans un tel milieu, tu ne dois pas le faire uniquement pour la paie. C'est presque une vocation, on est là en mission.

Donc, oui ça fait longtemps que j'entend des choses sur le CLD...Ça vient de gens qui sont écoeurés de voir l'attitude de quelques personnages qui prennent des décisions. J'ai "pété" une coche après avoir entendu une histoire... J'ai fait une erreur en racontant cette histoire parce que j'ai oublié deux lois fondamentales de la transmission des données: ne pas nommer les entités tant que le dossier n'est pas propice pour le faire. Ne pas avoir écouté l'histoire complète de la démarche... J'ai réagi impulsivement parce que je trouvais que ça suffisait. Mais, malgré la mauvaise réputation que certaines personnes s'empressent maintenant de me faire, j'ai appris beaucoup de cette situation.

On m'a communiqué des informations intéressantes qui expliquent bien le modus operandi du CLD comme, parfois, les raisons peut-être "justifiées" de prendre son temps sur certains dossiers. Tout n'est pas noir ou blanc, d'un bord, comme de l'autre. Je ne veux pas dire que c'est le cas dans la situation rapportée.

Mon seul souhait, dans l'histoire, c'est que le dossier dont j'ai parlé, suive quand même son cours normal. Qu'on n'agisse pas par vengeance en se fiant à quelques propos que j'ai rapporté et qui ne sont, de toute évidence, qu'un court moment de frustration capté comme un cliché photographique et qui ne peut correspondre à l'ensemble de la situation. À partir de là, c'est une question de jugement.