La carte électorale revampée par le Directeur général des élections (et ceux qui le poussent à cette horrible façon de d'"autocratiser" la démocratie) nous annonce des temps nouveaux. La voix en sourdine, à peine audible des régions va maintenant carrément s'éteindre.

Mais, je ne vais pas étendre mon inquiétude à tout le Québec. Les autres régions trouveront bien le moyen de défendre leur point de vue. Je ne suis même pas inquiet pour Matane. Peu importe où se retrouvera cette ville, son essor actuel ne devrait pas en être affecté. Le seul problème de Matane c'est le rapprochement régional qu'elle pourrait avoir à vivre avec Rimouski. Même si on disait dernièrement vouloir enterrer la hache de guerre entre les deux villes, le fait que Matane se retrouve amputée de ses ramifications gaspésiennes qui lui gardaient un pied dans le Bas-St-Laurent et un pied ici, risque de repartir les hostilités entre les deux "cités".

Je m'inquiète beaucoup plus pour la Haute-Gaspésie. En étant dans le comté de Matane, la Haute-Gaspésie avait au moins l'opportunité de faire entendre son nom. On ne s'est pas développé, on ne s'est pas enrichi mais on savait qu'on existait. D'autant que Pascal Bérubé ne s'est jamais gêné pour nommer notre coin au point de demander d'inclure la Haute-Gaspésie dans le nom du comté de Matane. Mais, que sera donc le nom Haute-Gaspésie inclus dans un nom de comté où le mot Gaspésie devrait se retrouver? La noyade!

Noyés serons nous donc dans la petite mer gaspésienne, surtout celle de l'Autre Gaspésie, celle que j'ai baptisée la Normandésie, dans l'anonymat des conifères, des caribous mieux traités et des emplacements touristiques qui ne rapportent à peu près rien aux résidents.

Je suis tout aussi inquiet de ne pas entendre - ENCORE UNE FOIS - nos élus intervenir dans le débat. Il ne faut pas attendre grand chose de ce côté. La plupart étant préoccupé à suivre LE sentier battu et à écraser les petits St-Michel du genre de Marsoui qui pourraient faire trébucher cette inquiétante résignation qui plane autant en haut qu'en bas de la pyramide dans notre région.

C'est drôlement le temps que le pouvoir se rajeunisse dans notre coin! Mais, avec des jeunes vraiment convaincus, incorruptibles parce que détachés des petits mafieux sans envergure qui, malgré cela, contribuent quand même à laisser planer un air de pouvoir par le chantage et la menace.

Que reste t-il à faire pour qu'on entende notre voix à Québec? Pouvons-nous vraiment stopper la démarche entreprise par le DGE du Québec sur la réforme de la carte électorale? À mon avis le dés sont pipés depuis longtemps. Ça fait déjà quelques années que la grogne s'est installée en ville et qu'elle a empiré quand une gaspésienne est devenue Ministre des Affaires municipales et des Régions. Je me souviens que j'avais déjà signalé à ce moment-là que c'était une question de temps pour que réagissent les villes. C'est fait. Cependant, j'ai beau chercher, je me demande encore en quoi les grands centres sont lésés par la carte électorale qui donne un peu de pouvoir aux régions?

C'est pourquoi je parle de vendetta. C'est pourquoi j'ajoute que cette histoire, comme bien d'autres, est enflée parce qu'elle permet aux besogneux de la bureaucratie de se bouger le cul, de "justifier" leur salaire et de nous prouver que la stupidité n'est pas le lot unique des ignorants sans diplôme! En fait, à les voir s'agiter au moindre petit souffle, pour tout virer en envers ce qui fonctionnait déjà très bien (ex: l'éducation), ce serait plutôt le contraire.

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