Je pars de l'étude qui vient de sortir à Montréal sur le cheminement scolaires des enfants de la métropole. C'est loin de nous, vous me direz? Pas si loin! Montréal c'est souvent le bassin où se brasse toute la merde qui s'étendra ensuite dans les régions. Des tonnes d'exemples existent pour appuyer cet énoncé. S'agit juste de se souvenir du merveilleux monde de la construction dont les règles uniquement applicables dans les grands centres sont venues foutre le bordel dans les régions.

Or, l'étude effectuée par la Direction de santé publique de Montréal révèle 33% des enfants n'ont pas la maturité requise pour commencer l'école (l'article). Des enfants de cinq ans qui, selon les spécialistes, ne savent pas tourner les pages d'un livre, tenir un crayon, ce qui les disqualifient presque à l'entrée en première année.

Moi, je pensais que l'école c'était entre autre pour apprendre ces choses-là! Je pensais aussi que les maternelles donnaient déjà les bases nécessaires à l'entrée en première année pour les enfants qui auraient plus de problèmes. Donc, par la bande, on nous signale ici une sorte d'échec de la maternelle. Pas certain que c'est ce qu'on voulait nous faire comprendre. Évidemment on nous sortira une foule de statistiques pour nous expliquer que les responsabilités premières reviennent aux parents.

Je soupçonne des groupes de pression derrière ça pour augmenter la part des CPE, pour augmenter le nombre déjà trop élevé de penseurs, de techniciens de la puériculture, d'intervenants qui connaissent tout sur les autres mais incapables de régler leur propre chienne de vie.

Le constat qui me saute aux yeux de cette étude c'est qu'elle nous démontre l'échec totale de tout ce qui a été mis en place depuis 40 ans pour encadrer, diriger voire lessiver le cerveau des jeunes, par le biais de théories, toutes plus farfelues les unes que les autres, qu'une certaine quantité de parents a avalé sans jamais se poser de question.

Une des accusations majeures qui ressort de cette étude est à l'effet que la plupart des parents sont moins responsables, qu'ils veulent pouvoir continuer leur train de vie sans les responsabilités qu'imposent la venue d'enfants.

Je pense que c'est vrai mais que c'est tourner les coins ronds. S'il n'y a plus de parents pour s'occuper des enfants c'est tout simplement que le système socio-économique dans lequel nous vivons a fait en sorte qu'il est impossible de vivre normalement si les deux parents ne travaillent pas. Les femmes y ont goûté encore plus que les hommes, elles qui voulaient se retrouver sur la marché du travail. Elles ont souvent été prises à remplir les deux emplois, à l'extérieur et à l'intérieur de la maison (dans l'ordre). Je me demande encore pourquoi elles ne se sont pas battues plus fort pour que ce soit payant de rester à la maison.

On dira qu'un conjoint payé pour rester à la maison pour s'occuper des enfants ce n'est pas productif. Il faut avoir l'esprit plutôt fermé pour croire ça. Parce que des enfants bien élevés, avec au moins un parent, ont plus de chances de mieux se développer. Ils seront donc plus heureux et probablement plus productifs sur la marché du travail. Alors que présentement, il en coûte une fortune à la société pour les CPE, la DPJ, les maisons d'accueil, le dopage systématique au ritalin, les allergies à la hausse et le reste et le reste.

Nous avons tous les moyens pour aider nos enfants. Pourquoi utilisons-nous des placebo sociaux, des palliatifs aux parents? Pourquoi sommes-nous passé de l'interventionnisme de l'Église à l'hyper-interventionnisme de l'État?

Le plus grave problème, je crois, c'est cette volonté encore présente chez plusieurs d'avoir des enfants sans jamais s'en occuper par la suite. Sincèrement, je pense qu'il faut que ça cesse. Si vous voulez des enfants pour les confier au système publique dès la naissance, laissez donc tomber! Ça fera moins de "pokés" au crochet de la société.

En terminant, j'aimerais quand même rappeler qu'avant, les familles avaient généralement entre 6 et 20 enfants. La mère était à peu près la seule à la maison à s'occuper de tout ça. Elle n'avait pas vraiment le temps d'étudier le cas de chacun de ses enfants pour aider à leur développement cognitif et à leur maturité. Pourtant, les enfants arrivaient en première année avec ce qu'ils avaient. Certains ont été incapables d'avancer. Certains ont réussi. Ce n'était pas si différent de ce qui se passe aujourd'hui, sauf sur un point. Les enfants d'aujourd'hui sont entourés d'une panoplie de spécialistes de tout acabit. Ils doivent performer (néologisme, pas encore dans le dictionnaire) dès la conception. Font-ils mieux que les enfants du passé? Comme disait l'autre (qui est l'autre?), rien qu'à voir on voit bien qu'on voit rien! Le bourrage de crâne, qui ne laisse aucune place à l'imaginaire, à la liberté de choix, conduit vers une société de dépressifs!

Exposition de photographies anciennes

Vous avez probablement déjà vu ma nouvelle sur l'exposition de photos à la Maison de la culture à Sainte-Anne-des-Monts (l'article). Une exposition qui a lieu jusqu'au 18 avril.

J'attire votre attention sur la photo qui m'a été fourni. J'ai dû la réduire pour la nouvelle mais je la rends disponible ici à sa grandeur réelle. Cette photo est incroyable. Sincèrement, je n'en reviens pas. Il faut dire que je suis amateur de vieilles photos. Je les regarde comme ce groupe de jeunes, dans le film La Société des Poètes Disparus, avec Robin Williams, qui se retrouve devant une photo d'anciens élèves de la même institution dans laquelle ils se trouvent actuellement. C'est là que Williams lance le fameux Carpe Diem (cueille le jour - ou - vis le moment présent!). En regardant ces photos, on a vraiment l'impression qu'elles parlent, qu'elles nous disent de nous bouger le cul, la vie est si courte! Une photo, c'est souvent plus que mille mots. C'est une histoire complète qui se défile dans nos têtes souvent pas assez aventureuses!

Donc, j'attire votre attention sur la photo. D'abord, parce que à gauche se trouve Bertrand Thibault de Sainte-Anne-des-Monts. Ensuite et surtout, regardez bien la morue! Tout un bétail, comme le dit l'expression populaire! Regardez aussi sur la table, au pied du monsieur. Ça, c'est en 1933. De la morue, il y en avait. Comment se fait-il qu'en moins de 75 ans on ait réussi à scrapper cette abondance qui était là depuis des centaines de milliers d'années? Ça, c'est le résultat de l'industrialisation sauvage qui ne tient compte que d'une chose, l'argent faite tout de suite, rapidement, énormément!