Une affirmation qui ressemble à un ballon-sonde lancé pour voir si les québécois sont encore capables d'en prendre. D'ailleurs, on peut dire sans trop se tromper que le rapport Montmarquette, sorti il y a quelques semaines, va dans le même élan et peut être vu lui aussi comme un énième ballon-sonde lâché dans les esprits québécois depuis quelques années.

C'est ainsi d'ailleurs qu'on nous passe souvent les plus gros sapins du monde sans qu'on bronche. On le faisait dans les années 70 en nous disant que nous étions le mieux nantis. Chaque fois, une taxe nous tombait dessus, les prix des denrées montaient plus rapidement que le nombre de repas qu'on prenait - souvent de travers - dans une journée.

Ce même jeu, les compagnies de pétrole l'ont compris et les médias, devenus leurs valets, nous y embarquent sans qu'on s'en rende compte vraiment. Par exemple, on nous annonce depuis plusieurs semaines de s'attendre à payer le litre d'essence 1,50$ durant l'été. On l'entend si souvent que lorsque ça va arriver, on va juste gémir un ti-brin et ENDURER notre mal. Par contre, si en une journée, on passait de 1,00$ à 1,50$, je crois que ça chaufferait pas mal plus. Mais, voilà t'y pas qu'à peine sommes-nous en train de nous habituer à nous faire fourrer encore l'été prochain qu'on nous annonce que le prix pourrait dépasser les 2,25$ le litre d'ici 2012 (dixit la CIBC).

Pendant ce temps, on nous habitue aussi tranquillement à être prêt à payer assez cher nos aliments de base.

Je n'ai pas besoin de tout vous dire là-dessus, vous l'avez entendu tout aussi souvent que moi. Comme vous savez probablement déjà que plusieurs endroits dans le monde connaîtront de graves problèmes d'alimentation. DES GENS VONT MOURIR POUR LE SIMPLE PLAISIR FINANCIER DE QUELQUES PROFITEURS INSATIABLES.

Malgré l'horreur qui se prépare, même chez-nous, il y a pourtant plusieurs questions qu'on n'entend jamais de la part de nos politiciens. On préfère encore gueuler sur le rapatriement de certains pouvoirs, comme un CRTC québécois, plutôt que de se demander comment nous allons faire face à cette crise.

D'où viennent ces problèmes? Qui causent ces problèmes? Comment peut-on rendre imputables les «fauteurs» de troubles sociaux (car il y en aura)? Y a t-il moyen que les gouvernements des pays riches se concertent pour mettre au pas ceux qui préparent la révolte en affamant les populations?

Nos politiciens manquent de sérieux. Trop centrés sur nos frontières tout en nous haranguant sur la nécessité d'être ouvert sur le monde, ils semblent si peu préoccupés par ces questions qu'on se demande s'ils ne sont pas complices de tout ça.

Ce n'est certes pas le coup de tue-mouches que s'apprête encore à donner aux pétrolières un Claude Béchard de plus en plus clownesque qui va nous rendre crédibles les politiciens. On dit que les pétrolières sont si puissantes qu'aucun gouvernement n'y peut rien. Curieusement, je crois le contraire. Il faudrait peut-être voir s'il n'y a pas lieu d'encourager à nouveau les indépendants, de nationaliser le pétrole - même si Béchard dit ne pas être un Chavez du nord. Vaudrait peut-être mieux être un Hugo Chavez qu'un rien du tout qui ne propose que des niaiseries à se taper sur les cuisses.

En tout cas, faudra que les politiciens finissent par donner la preuve de ce qu'ils nous chantes trop souvent, quand ils marmonnent que le bien du peuple passe avant tout. Pour le moment, le peuple semble se réduire de plus en plus à quelques riches qui ne sentiront jamais que la nourriture et le pétrole sont inabordables pour la majorité d'entre nous. Si l'ouverture vers plus d'enrichissements individuel et collectif doit être encouragé, il est certain qu'en temps de disette, de rationnement ou de famine, les riches deviennent des cibles de prédilection à abattre.

Il y a de toute évidence quelques personnes quelque part qui jouent le gros jeu et qui s'en contrefiche royalement du sort du reste de l'humanité dramatique dans lequel, pour une première fois depuis plus de 70 ans, nous nous retrouverons progressivement, nous Québécois!

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Et dire que la gang à Montmarquette nous pondait dernièrement ce rapport irrecevable - quant à moi - sur le fait que les québécois sont gâtés et devraient payer plus cher une bonne part des services qu'ils reçoivent. Malheureusement pour eux, il y a des gens qui fouillent. C'est le cas du journalistes économique Michel Girard qui vient du publier une chronique plutôt révélatrice sur la facture fiscale des Québécois. Je vous la laisse lire. Ça vaut vraiment le détour!

Juste avant de vous laisser à la lecture de ce texte je tiens quand même à souligner qu'étonnamment, le rapport Montmarquette n'a pas soulevé le débat auquel nous étions en droit de nous attendre. Après tout, et comme vous le verrez dans le texte de Girard, 40% des contribuables québécois ne... contribuent pas à la facture fiscale du Québec. Et la gang à Montmarquette est encore en train de dire que ce serait les 60% de cochons payeurs qui devraient débourser. Le silence relatif, mais évocateur, de nos politiciens n'augure rien de bon. Surtout si vous êtes dans la braquette payante pour le gouvernement! Quant aux pauvres, ils vont sécher un peu plus et les grandes gueules défenderesses de la conneries ne pourront plus rien dire parce qu'ils crèveront eux aussi de faim!

À la lumière des innombrables fermetures d'usines, des multiples pertes d'emplois, de la hausse du pétrole et des denrées alimentaires, pourrions-nous savoir qu'entendent faire les différents partis politiques de ce pays pour relever une économie sous respirateur artificiel?

La chronique de Michel Girard