Le pays qui enrichit l'étranger
Par Marc-André St-Pierre, jeudi 1 mai 2008 à 16:08 :: General :: #286 :: rss
Parenthèse, travailler à 8,50/h$, c'est en dessous du seuil de la pauvreté. Nonobstant ce qu'en pensent les bien-pensants de l'économie sauvage, l'esclavage existe encore bel et bien dans notre monde civilisé!
Pendant ce temps, on maintient le cap au niveau des clichés. Les BS sont tous des lâches paresseux. Quand on sait qu'il y en de plus en plus qui étaient d'anciens professionnels.
Les mises à pied sauvages, les fermetures intempestives, les restructurations ou reengineering d'entreprises, quand ce n'est pas tout simplement la vente de nos ressources pour des «pinottes», ça touche tout le monde, pas juste les pauvres chroniques.
Malgré cela, malgré l'évidente catastrophe sociale qui se prépare, ça ne bouge pas. De nulle part des solutions efficaces sont proposées. On préfère faire des commissions populaires, des études à tablettes ou innover en matière de recul idéologique en proposant des aménagements de vieilleries anachroniques, à l'image d'un certain étapisme, qui on le sait, ne rencontre pas du tout la faveur populaire (la grande majorité des québécois ne veut pas d'un référendum).
Quand des politiciens surnages dans le réchauffé, c'est qu'ils sont dépassés, ne savent pas quoi faire et même qu'ils paniquent. Ou, qu'ils sont de simples marionnettes entre les mains d'un autre pouvoir. Dans le cas du Québec, les deux choix sont évidents!
Pendant ce temps, on apprend que la province la plus "mendiante" du pays, Terre-Neuve, est en train de se sortir de son marasme économique (l'article), bien plus efficacement que le Québec. Juste à cause du pétrole. Pourtant, nous avons ici notre pétrole, l'eau, qu'on s'apprête à donner aux américains. Sans compter nos autres richesses qui pourraient nous rapporter gros si seulement on les gérait bien, qu'on cessait d'annoncer du vent, de parler dans le vent, de vivre d'un peu de vent!
Le Québec est un lieu hautement colonisé, mais pas par le Canada, comme on aime nous le faire croire. Nous nous donnons nous-mêmes en pâture au premier venant qui nous fait de beaux sourires. Même en matière d'immigration, nous sommes à quatre pattes pour offrir nos services et notre argent. Sur un seul point, nous sommes des dictateurs. Dans le corporatisme bébête mais omnipotent, celui de la médecine, par exemple (et entre plusieurs autres), qui préfère s'en tenir à sa clique, être en pénurie, plutôt que d'ouvrir ses portes à ceux de l'extérieur qui ont des compétences similaires et même supérieures à la moyenne d'ici.
Comment se fait-il que le pays le plus reconnu pour sa richesse et sa qualité de vie soit en train de sombrer à ce point? Pourquoi ce qui nous appartient sert-il à enrichir des gens de l'extérieur?
J'attends toujours de voir un parti politique nous présenter une vision moderne, qui a un vrai projet de société à long terme et qui travaille à l'accroissement de la richesse nationale tout en en ayant un plan sérieux pour faire disparaître la pauvreté inacceptable dans un pays comme le Canada, dans une province comme le Québec!
Actuellement, nous sommes probablement le pays le plus ouvert au monde... pour être à plat ventre devant les autres!
Je vous invite à lire les deux articles suivants. Assez ahurissant et, surtout, inacceptable!
L'écart entre les riches et les pauvres augmente encore
Les points saillants des données sur les gains et revenus des Canadiens
Voir mise à jour plus bas
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Une fois n'est pas coutume
On voudrait en fait que ce soit le contraire. Après tout, n'est-ce pas que nous députés doivent d'abord penser à leurs citoyens? Même s'il est normal d'avoir des visées électoralistes?
Si Nathalie Normandeau et Pascal Bérubé peuvent travailler main dans la main pour une cause somme toute secondaire, ne peut-on leur demander de se parler plus souvent pour accorder leurs flûtes dans le développement économique de la Gaspésie? Je pense que c'est faisable. Et vous verrez, dans la vidéo plus bas, que même si on sent un peu d'animosité entre les deux, on sent aussi un fond de complicité presque agréable.
Ah, et la cause, c'est la disparition possible d'un comté en Gaspésie!
Et la vidéo...
(Mise à jour : 1 mai 2008 à 20:48)
Une des puissances économiques mondiale s'installe à Montréal. Il s'agit d'une compagnie spécialisée en technologie de l'information, Morgan Stanley. Elle devrait - DEVRAIT - au mieux, créer environ 500 emplois.
Quand je vous dis que nous enrichissons les autres déjà assez riches (gérance d'actifs de 750 milliards de $ pour Morgan Stanley). Quand tu gères autant d'argent, as-tu besoin de subventions? Voilà que le gouvernement Charest garanti pour six ans une subvention de 30% pour chaque emploi. Déjà incroyable comme Bien-Être Social consenti aux riches (J'aimerais qu'on en fasse la moitié de ça ici!), voilà qu'en plus, à la question pertinente d'un journaliste, le représentant de la compagnie ne peut garantir qu'ils ne «crisseront» pas leur camp après six ans. Et, il dit ça devant le premier ministre Jean Charest, fier comme un paon, et la ministre des finances, Monique Jérôme-Forget, qui semblait un peu partie!
Morgan Stanley serait-il venu à Montréal sans ce gros chèque de BS? Il semble que Montréal était en compétition avec d'autres villes de la planète. Or, on ajoute pourtant qu'un des éléments principaux qui a fait pencher la balance pour Montréal c'est l'expertise et la qualité des universités qu'on trouve dans la métropole.
Ou bien Morgan Stanly ment ou bien quelque chose m'échappe. Parce que, dans son blog intitulé «Morgan Stanley : un coup fumant», la chroniqueuse économique Sophie Cousineau appuie sur le fait qu'il ne sera pas question pour les employés montréalais de la firme de se traîner les pieds. Parce que tout ce beau monde sera scruté à la loupe et comparé à ce qui se fait ailleurs.
Ce ne serait donc pas parce que l'expertise est supérieur que Morgan Stanley se retrouve à Montréal mais bien parce que, encore une fois, nous allons enrichir des riches qui sacreront leur camp dans six ans. Et là, les 500 travailleurs vont brailler sur leur sort et quelques chroniqueurs se demanderont si nous ne sommes pas trop généreux, inutilement, pour attirer les compagnies extérieurs. Une roue qui tourne, un cercle de plus en plus vicieux! Et personne, PERSONNE, pour arrêter ces voleurs et leurs complices!
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