Le rapport Bouchard-Taylor va s'abattre (jeudi) sur le Québec telle une bombe sur Hiroshima. Sauf que... sauf que les dommages seront plus sournois. Bien évidemment, loin de moi de vouloir réduire l'impact dramatique des bombes américaines au Japon. Il s'agit ici d'une image.

Mais l'image existe. Après Hiroshima et Nagasaki, après la reddition japonaise, les japonais n'ont pas perdu que des centaines de milliers des leurs. Ils ont perdu leur liberté. Ils sont devenus dépendants des occidentaux, particulièrement des américains. Le simple fait de ne pouvoir s'armer offensivement aura été le symbole du pouvoir de tout l'impérialisme des victorieux de 1945.

Ok, les fuites du rapport sont réellement des parcelles de ce que nous aurons en pleine face dans quelques jours. Mais, ce qui en ressort déjà n'est en rien différent de ce que nous attendions, de ce que nous savons de nous-mêmes. Nous serions le seul endroit au monde à demander à sa majorité autochtone (nous), d'ouvrir son esprit et de s'adapter aux arrivants. S'ADAPTER AUX ARRIVANTS, CHOSE! Sincèrement, je veux qu'on me nomme un seul autre endroit au monde qui a ce comportement aplat-ventriste!

Les effets «meurtriers» de la bombe seront sournois. On en parlera comme des malades pendant une couple de semaines. Puis, comme c'est le cas pour toute nouvelle dont les medias finissent par se lasser, le silence se fera. Et c'est là que les effets pervers débuteront. C'est là que le Québec verra s'éteindre la petite identité qu'il essaie tant bien que mal de se donner depuis cinq ou six décennies. Parce que les parasites de la Charte, les mésadaptés de toute nomination et les terroristes religieux et culturels ouvriront bien grand leur agenda.

Derrière cette acceptation de notre faiblesse qui sera bientôt officialisée se cache un réel danger. Nous nous retrouvons devant une société déjà malmenée qui se prépare à se faire Hara-kiri. Le dernier souffle d'un animal blessé...

Comment le dire autrement! En fait, comment le dire de cette manière sans être taxé de maudit séparatiste, puis de raciste, d'intégriste, de régionaliste, enfin, de tous les istes négatifs* qui servent de paravent aux minorités fanatiques à l'intérieur des minorités, puis aux intellectuels qui ont troqué la "honteuse" ceinture fléché au profit des cilices du petit martyr dont les fantasmes se nourrissent au complexe d'une grande idole «canadienne française», la petite Aurore. Leurs douleurs, c'est à dire leur incapacité à être des leaders fermes, des modèles capables de cerner la vérité québécoise, canadienne française, ils veulent absolument la transposer à toute la société de souche (d'«origine»). C'est connu, les incapables essaient toujours d'entraîner avec eux tous ceux que leur incapacité a touché comme tous ceux qui donnent des signes évidents de pouvoir les dépasser.

Les intellectuels du Québec, soutenus par des politiques dont les plus grande notoriété depuis la fin des années soixante aura été d'être à peu près tous des trouillards baiseurs d'opinion publique, d'images médiatiques, des sondages favorables et d'idéologies pop-sicle (apparence de grandes idées qui fondent avec la «chaleur ambiante»), trahissent le Québec depuis longtemps. Au lieu de nous concocter une manière efficace d'être un peuple fort, comme le sont les juifs et les américains par exemple, ils en ajoutent dans notre amour de tout ce qui fait «loser»!

Dans les années soixante, il n'y avait rien de bien héroïque à foutre à la porte tout ce qui sentait la soutane et l'encens d'église (parce que l'encens oriental, lui...). Tout le monde occidental, à peu de chose près, faisait la même chose. C'était dans l'air du temps. Comme c'est actuellement dans l'air du temps québécois de s'écraser comme des mouches d'automne devant le moindre petit groupe de pression assis sur l'immense erreur qu'aura été cette Charte des droits. Charte qui semble avoir été pondu à la hâte pour plaire à l'intelligentsia de l'époque, qui était bien pressée d'avoir toutes les coudées franches pour achever de détruire le moindre des symbole religieux chrétien qui rappelait un passé rejeté.

J'écoutais quelques lignes ouvertes sur le sujet. De quoi se plaint-on? Que des bribes de ce rapport aient été coulés dans les médias. On se plaint de la forme. Pas de l'essence!!! Signe que bien des québécois espèrent au fond d'eux-mêmes qu'ils n'auront pas à combattre pour garder leur intégrité déjà plutôt amochée. De vrais québécois, quoi!

Vous voulez ma maison? Prenez-là! J'ai justement une cabane à chien qui ne sert à rien et qui fera très bien mon affaire. En attendant que je trouve le courage du dernier mouvement du coup de poignard qui me transpercera les tripes... M'enfin, l'endroit où il aurait dû y avoir des tripes. Puisque c'est connu dans la grande salle de Rayons X internationale, on n'a jamais pu voir les tripes des québécois sur les plaques photographiques.

______

* Non, je ne suis ni séparatiste, ni raciste. Peut-être un peu intégriste, surtout régionaliste.

Intégriste pour cinq raisons que je juge importantes:
1- Ma famille
2- La liberté de religion (tant qu'on a le respect des fluctuations de l'esprit humain et qu'il n'y a pas d'embrigadement)
3- Le droit de parole
3- Ma région immédiate (Cap-Chat et Haute-Gaspésie)
4- La «promotion» de l'esprit critique.