Plus jeune, je n'ai jamais entendu parler de pénurie de médecins dans la région. C'était plutôt le contraire. On avait donc peu de scrupules à s'organiser pour multiplier les tracasseries quand il y en avait un qui tapait sur les nerfs. Plusieurs se rappelleront peut-être le sort d'un certain Docteur Ambroise (si ma mémoire est bonne) qui a finalement dû quitter Cap-Chat (avec sa magnifique famille qui demeurait sur la Côte-des-Neiges). Il était noir, et certains médecins, petits caïds de l'Hôpital, ne l'aimaient pas. Petits médecins qui travaillaient saouls, qui faisaient déshabiller les «belles» femmes juste pour un mal de gorge... Ils étaient les boss!!!

Maintenant, pour accoucher, les femmes doivent aller à Matane. Vous allez me dire que la Haute-Gaspésie c'est loin des grands centres, des biens et services, de la vie intéressante dans les nids de poules, des invasions de domiciles, des réparations de routes interminables, des ghettos où des gangs de rue font la loi... J'en passe et des meilleurs.

J'aimerais tout de même rappeler un fait. Dans les années soixante et soixante-dix, tout ce qui est mode, toutes les sorties de nouveaux albums de musique, par exemple, avaient un décalage de plusieurs semaines, voire de quelques mois. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, par internet, on peut parler avec ses amis, faire de la vidéo-conférences, acheter des biens sur eBay, entre autre, recevoir des documents dans la minute même, faire analyser des Rayons X à distance, etc. Comment se fait-il alors qu'on ne soit pas capable de vendre notre région aux médecins spécialistes ou généralistes?

L'un des problèmes vient peut-être de la population. Les exigences extrêmes de résultats immédiats qui commandent sans cesse de la «machinerie» derniers cris et toutes les pilules existantes dans un rayon de quelques mètres dérèglent le système. Tout ça fait en sorte que la haute technologie médicale véhicule un mythe qui devance toujours les qualités des médecins. Tout est toujours meilleurs ailleurs. Les diktats des compagnies d'assurances, les poursuites judiciaires en nettes progression font le reste.

Reste qu'il est incompréhensible qu'avec tous les moyens actuels la Haute-Gaspésie ne puisse attirer des médecins. Peut-être que la sortie de scène de quelques fonctionnaires, que la transformation de l'Hôpital des Monts en édifice à bureaux - où l'on trouve de plus en plus de chefs et moins d'indiens - expliquent pourquoi l'engagement des médecins ne semble pas avoir été une priorité.

Ceux qui ont le front de nous dire, à chacun de leur bilan médiatique, que les choses vont mieux, seraient bien mieux de déménager sur une autre planète. Bien sûr, c'est facile de dire que ça s'améliore. Les choses se sont tellement détériorées depuis vingt-cinq ans, que le moindre pas positif donne des ailes à ces démagogues qui essaient régulièrement de nous lessiver notre petit cerveau de mouton.
Un article sur le sujet

_______

Continuons dans le domaine de la Santé...

Cette semaine j'ai publié sur mon site le document sur la santé et le bien-être de la population de la Haute-Gaspésie. Un fidèle lecteur m'a envoyé courriel avec un lien qui m'avait échappé (le lien). De qui est composé le conseil d'administration de l'Agence de la Santé et des Services Sociaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine? Peut-être ne serez-vous pas surpris - après tout, ça fait plusieurs fois que je dénonce ce fait - de savoir que ce joli CA est exclusivement constitué de membres qui se trouvent en dehors de la Haute-Gaspésie, sauf dans un cas, celui de Mme Patricia Assels. Disons que des Assels, ça ne pleut pas dans le coin. Or, la madame en question vient de la Baie-des-Chaleurs. Son contact en Haute-Gaspésie c'est son chum qui est directeur du Parc de la Gaspésie!

Quelle belle représentation, n'est-ce pas?

Petite question, then! Que font donc nos élus de la Haute-Gaspésie à laisser ainsi le contrôle de tout ce qui bouge ici à des gens de l'extérieur? N'est-il pas le temps qu'on reprenne notre destinée en main?