Le don total
Par Marc-André St-Pierre, mercredi 9 juillet 2008 à 10:57 :: Réflexion :: #332 :: rss
Dans un texte plutôt hermétique (pour le commun des mortels), où il est question de l'amour que commande Jésus pour lui-même, monsieur Turcotte termine en parlant du don total.
Bien que je sois d'accord sur un point, celui où il dit que le christianisme est la seule religion qui parle d'un Dieu descendu parmi les humains pour y vivre la même vie qu'eux, le reste me laisse de marbre.
Parce qu'il s'agit souvent de cette rhétorique dont plusieurs prêtres on le secret. C'est à dire émettre des points de vue qui, quand on est subjugués, partisans, fidèles, n'appellent aucun questionnement. Quand il est question d'aimer Jésus plus que sa famille, les interprétations s'entassent à la porte. J'imagine qu'au long des siècles, les interprétations ont été différentes selon les idéologies à la mode du temps.
Aujourd'hui, plusieurs interprètent cela comme la seule chose à faire pour être un véritable chrétien. Être détaché de l'amour de sa famille. On ne compte plus le nombre d'aberrations auxquelles cette «croyance» a conduit. Comme cette histoire d'une femme très pieuse dont trois enfants sont morts en trois années différentes, par le feu, et à qui on continuait de parler de l'amour spécial de Dieu pour elle. Donc, qu'elle devait elle aussi, oublier ces trois morts et aimer Dieu par dessus tout qui le lui avait si bien rendu en «tuant» trois de ses enfants. (C'est une histoire vraie qui m'a été racontée par la dame en question pendant mon stage...).
On pourrait monologuer longtemps sur ce genre de chose. Tout ce qui s'est installé comme clichés, idées reçues, croyances déviées, interprétations personnelles, déformations et même altérations des faits et qui a tant nui au christianisme, à commencer par la première déviation des Déviations, celle où les regards se sont tournés vers Paul de Tarse plutôt que vers les apôtres! Ce n'est pas, pour le moment, le but que je recherche ici... enfin, pas tout à fait.
Pas tout à fait, vous allez comprendre. Quand je dis qu'il est facile d'interpréter, facile de sermoner, facile d'admonester des fidèles qui n'ont même plus le courage d'essayer de contester les quelques non-sens qu'ils perçoivent ici et là, en voici un cas patent.
Dans l'une de ses admonestations dominicales http://mariusgagnon.ca/Bulletin/080629SecteurMatane.htm#nestor qui aura probablement changé d'ici quelques jours, Nestor Turcotte parle des qualités du chrétien. Il parle du don total. Il parle, il parle. Et, à sa litanie de clichés, on pourrait ajouter à chaque phrase, «faites ce que je dis mais pas ce que je fais»!
Je vous entends, petits grenouillards que vous êtes. Vous vous demandez pourquoi je reviens encore à la charge avec Turcotte. Simple. Le monsieur est capable de beaucoup de mots. Il sévit sur toutes les tribunes possibles au Québec. Il a une opinion sur tout. Souvent tranchée, souvent intégriste, souvent assassine. Il est un chrétien du dimanche qui, comme dans le «bon vieux temps», se confessait, allait communier et aussitôt sur le perron, lâchait un câlisse de criss bien sonore parce que sa voiture était pognée dans le tas et qu'il devait attendre pour sortir du parking! Nestor, passe partout lâchant son fiel, principalement contre le PQ et Pascal Bérubé mais aussi contre ceux qui osent réfléchir sur le christianisme et dont la réflexion ne trouve pas écho dans les grandes vérités qu'il se dit devant son miroir! Au moins s'il avait le courage de signer partout son vrai nom! Plutôt que de s'appeler Pierre ici, Pier4 là, Le théologien, etc.
Le don total, le don de soi, la Vérité, l'amour du prochain, ça fait trop longtemps que des gens en parlent comme on parle de la dernière victoire du canadiens devant un café chez Tim. La question est simple: c'est-y vrai ce que vous nous dites? Si oui, prouvez-le! Cessez d'être ces gens qui finissent par demander pardon, par s'excuser rétroactivement! Soyez ce chrétien que vous décrivez. Sinon, fermez-là et passez à autre chose!
Il faudrait que certains se rappellent qu'on a voulu faire de Jésus un roi qui aurait mené au combat contre l'envahisseur romain. Non seulement n'a t-il pas embarquer dans cette folie, mais il a même scandalisé ses proches en soignant le serviteur d'un centurion romain (Matthieu 8, 5-10). On est loin ici du personnage qui parle d'amour d'un côté et qui de l'autre s'en prend sans cesse à l'"ennemi".
Comme vous le demandez souvent à Pascal Bérubé péquiste, monsieur Turcotte, montrez ce que vous pouvez faire en arborant l'étiquette chrétienne. Sinon, le silence de l'humble qui reconnaît ses faiblesses vous siérait beaucoup mieux! Votre don total, ce pourrait être justement d'en finir avec votre amertume...!
Ne me ramenez pas cette vieille tournure de l'esprit qui vous donne le droit de vous en prendre en tous temps à des gens, un parti politique tout en refusant ce même droit aux autres. Ce que je fais ici, n'est en rien différent de ce que vous faites. Il existe trop de vos écrits publics qui le prouvent!
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