Souvenir (partie 2)
Par Marc-André St-Pierre, dimanche 13 juillet 2008 à 19:40 :: Souvenirs :: #334 :: rss
|
J'oublias un petit point important dans mon premier texte Souvenir. Je vous disais que j'écrivais des paroles et y improvisais de la musique en m'inspirant de Pink Floyd. Or, le Pink Floyd en question est Atom Heart Mother (voir pochette ci-contre). Disque que Pink Floyd a créé dans le but de prouver que leur musique n'était pas seulement du bruit... comme le pensaient beaucoup de «connaisseurs» de l'époque. Il y avait une pièce, Summer 68(*), sur ce disque dont un passage se disait ainsi; «Good-bye to you Charlotte Kringles too I've had enough for one day».
Évidemment, comme je commençais à peine à comprendre un peu d'anglais, je m'arrêtais au seul «Good Bye to you, Charlotte... Ce qui rend encore plus mystérieux tout ce qui s'est passé dans ce cours laps de temps. Parce que la fille décédée dont je parle dans le texte précédent, s'appelait Charlotte Larrivée!
Vers le show de Genesis à Montréal
1- Le Capricorne
Si mes souvenirs sont bons, c'est en 1973 que l'ancien théâtre Windsor, devenu plus tard le bar Le Gaspésien, deviendra finalement la très illustre et contestée discothèque Le Capricorne, propriété d'un certain Bertrand Fournier de Matane.
Je me souviens encore du premier soir. Nappe blanche sur les tables, fleurs et tutti quanti, pour un décor qui ressemblait presque à une noce de riche. Ça s'est rempli. Au sortir de la soirée, on pouvait voir autant de visages souriants que des mines déconfites, estomaquées! On venait de faire le saut des Classels à Gary Glitter! Certains ne s'en remettront jamais. Six ans plus tard, quelques-uns danseront presque devant le bâtiment en flamme, un certain dimanche matin de février 1979.
Gary Glitter, vous vous souvenez de sa toune Baby please don't go(*)? NON? C'est normal. Parce que, comme c'est souvent le cas pour ceux d'entre nous qui ne savent pas un traître mot d'anglais. L'oreille déforme ce qu'elle entend. Alors, Baby Please don't go est devenu.... les bigornaux!!!
|
Après André Lapointe, c'est un autre matanais qui a pris la relève, Claude Michaud. Beaucoup d'anecdotes aussi dans son cas. D'abord, la plus drôle. Il était le chum d'une certaine P. Pearson de Matane, la première fille dont je suis tombé en amour... à 12 ans. On s'était rencontré à Mont-Joli. Je l'ai revu cinq ans plus tard lorsque je suis arrivé à la polyvalente de Matane (1971-72, année d'ouverture de celle de Sainte-Anne). Le monde est petit. Après un certain temps, un de mes chums et moi avons aidé la nouvelle flamme de Claude à se cacher puis s'enfuir de Cap-Chat pour retrouver son Claude. Ses parents ne voulaient rien savoir... Lui, Claude, deviendra animateur à la radio.
Le troisième disc-jockey et bien c'est votre humble serviteur. J'ai commencé au mois de mars 1974, je pense. Six mois à temps plein puis six mois durant les fins de semaines.
Après moi, la première et seule femme disc-jockey fut Marjo (laine) Lemieux, puis Judes-Martin Sergerie. J'en oublie peut-être puisque durant la période 1975-1978 j'ai travaillé à Montréal, Port-Cartier (Disc-Jockey aussi) et deux ans à Fermont!
|
Cette photo du Menuet à gauche est facile à trouver sur le net. Je n'ai jamais trouvé de photos du Capricorne. Si jamais quelqu'un parmi vous en a une, ce serait un vif plaisir que de la publier ici!
Quelle était la chanson la plus populaire au moment où je «mettais la musique»? Une toune qu'on devait faire jouer au moins cinq à six fois par soir. Vous l'avez deviné, j'en suis sûr. C'est bien le fameux «The Mexicain» de Babe Ruth(*).
Malgré le côté totalement commercial du Capricorne, il arrivait parfois qu'on fasse exception. C'est là que j'ai entendu et fait jouer pour la première fois la chanson Harmonium(*) d'Harmonium. Une révélation. Harmonium demeure pour moi, à ce jour, le meilleur groupe québécois de tous les temps.
Petit secret jamais dévoilé. Il arrivait parfois que des tounes, trop souvent demandées finissent par me taper sur les nerfs. Alors, je disais que le disque n'était plus là, il avait disparu. Le patron en rachetait un autre, mais j'avais un break! J'imagine que lorsqu'ils ont changé l'emplacement du Disc-Jockey pour l'envoyer s'ennuyer en haut dans l'ancienne salle de projection, ils ont trouvé les disques que je faisais disparaître entre les tables tournantes et le mur de l'escalier.
2- Le show de Genesis
C'est peu de temps après mes débuts au Capricorne que je suis allé voir Genesis à Montréal. D'abord une petite historique du phénomène local Genesis.
C'est en février 1974 que les deux premiers disques de Genesis sont entrés à Cap-Chat. Je restais à Québec dans ce temps-là (j'ai quitté un mois plus tard). Le carnaval se pointait et j'avais hâte. Depuis le temps que j'en entendais parler. Ce ne fut pas le coup de foudre. Heureusement, dans le même temps, un certain Norman Pelletier arrive à Québec pour un jour ou deux. On va magasiner chez un commerçant juif de vêtements et autres babioles. Il vendait aussi des 33 tours. Norman avait lu une critique sur Genesis dans le Pop Rock et comme par hasard, il y trouve les deux disques dont il était fait mention dans ce journal (introuvable ailleurs).
On décide alors de ne pas rester au Carnaval. Le lendemain, on prend l'autobus. Il reconnaît le chauffeur de la veille. Me dit que ça va pas être un cadeau, parce qu'il chauffe mal. Nous sommes arrivés à Cap-Chat 24 heures plus tard, après que l'autobus eut versé sur le côté, que nous ayons dû couché sur les bancs de la gare de Mont-Joli à cause d'une tempête, que le taxi qui devait nous mener à Cap-Chat se soit arrêté à Matane et que celui de Matane nous ait laissé au poste de Gaz de Gaétan Soucy de les Capucins , refusant d'aller plus loin et finalement d'être embarqué dans la charrue conduite par Hugues Sergerie qui ouvrait la route, pour terminer le périple.
Rendu là, ce fut des heures et des heures d'écoute pendant des semaines des deux albums de Genesis, Nursery Crime et Foxtrot dans une chambre souvent trop petite pour nous contenir tous! Puis, nous apprenons qu'ils seront à Montréal les 20 et 21 avril de la même année. Nous décidons d'y aller. Sept d'entre nous, deux en autobus, les cinq autres en auto. Un essai de mémoire: Réal Gagnon, Mario Blanchette, Jean-Noël Sergerie, Jean-Yves Isabelle, Jacques Pelletier, Norman Pelletier et moi! Arrivés le matin nous nous installons puis nous allons à l'université de Montréal pour y acheter nos billets. Nous voulions ceux du 20 avril, un samedi, parce qu'un peu tout le monde travaillait le lundi. Rendu au Cepsum (centre sportif de l'université de Montréal), nous entrons dans un aréna où les sièges sont tous du même côté. Il y avait un cours. Nous sommes montés tout en haut où se trouvait les bureaux. Il restait SEPT (7) billets pour le 20!!! (Un doute persiste tout de même dans ma mémoire. Je sais que nous étions 7 à faire le voyage, mais je me souviens d'au moins une autre personne de Cap-Chat qui y était. Sacré mémoire parfois!)
Nous étions aussi les premiers, accotés aux portes du CEPSUM avant qu'on ne décide de les ouvrir avec plusieurs minutes de retard. Ce qui fait que nous avons subi l'impatience de la foule qui, tel un bateau dans les grosse vagues, nous écrasait dans ces portes vitrées qui ont failli casser sous le poids de cet élan de va-et-vient!
La première pièce du show, Watcher of the Skies(*) commence que nous nous retrouvons pendant au moins deux minutes dans la complète obscurité (voir la vidéo). Deux versions vidéos de cette pièce jouée à Montréal existe sur Youtube. Étant donné la différence notable dans le décor visible sur les deux vidéos, j'ai eu un petit doute quant à la validité de l'une d'elle. Sauf qu'il faut noter que l'une semble amateur alors que l'autre (celle offerte ici) parait provenir des techniciens de la tournée!
Le reste, c'est l'histoire du show lui-même. De l'atmosphère magique de se retrouver là, petits gaspésiens que nous étions, devant un phénomène qui allait devenir internationale. Car Genesis commençait à peine à être connu. Genesis fut sûrement un des mes groupes préférés, du moins lorsque Peter Gabriel s'y trouvait. Après son départ en 1975, j'ai lentement délaissé. «And then they were three» fut mon dernier achat alors que je travaillais à Fermont! Mais, mon véritable groupe préféré, celui que j'écoute encore aujourd'hui sans fatigue c'est The Moody Blues et surtout l'album A Question of Balance (cadeau reçu de Charlotte, d'ailleurs).
À cette époque, le Québec était une terre bénie pour les groupes de musique progressive qui connaissaient un succès énorme, au contraire de ce qu'il en était aux USA.
Plus tard, lorsque Kathleen (Sergerie) est venue lancée son premier disque à Cap-Chat (1991), je suis aller dîner au Fleur de Lys avec elle, son gérant et une autre personne du bureau. J'ai alors appris par cette personne, ancien journaliste du Pop-Rock, que c'est en Gaspésie que la musique progressive était la plus appréciée. Toute proportion gardée, Pop-Rock recevait plus de courrier de la Gaspésie que de partout ailleurs! Un phénomène social que j'aimerais bien comprendre, du reste!
_________
Un merci spécial à Judes-Martin Sergerie qui m'avait remis un CD de quelques souvenirs de l'époque du Capricorne l'an dernier. Vous reconnaîtrez la musique. Elle vient directement d'anciens 33 tours!!!
_________
N.B. Veuillez noter que j'ai créé une catégorie Souvenirs qui sera donc séparée des blogues socio-politiques habituels.
_________
(*) Toutes les chansons (et un peu plus) dont il est question dans ce texte peuvent être écoutées en donnant un coup de clique ici (vous y trouverez aussi les paroles).
J'a aussi une vidéo de la première pièce que Genesis a joué lors de ce fameux show du 20 avril 1974, Watcher of the Skies par ici.
_________
QUESTION QUIZZ
Un peu avant la période que je vous raconte plus haut, en 1970 je crois, un événement particulier s'est produit au Centre Culturel de Cap-Chat devenu par la suite l'Hôtel de Ville puis finalement la Bibliothèque Centrale de Prêts... Un groupe de musique composé de René Bélanger de Matane, des frères Judes et Jocelyn Côté de Cap-Chat et d'un chanteur de Matane dont j'oublie le nom y a donné un show mémorable pour nos oreilles nouvellement «accrochées» à la musique de Led Zeppelin et autres band du genre. Quel était le nom de leur groupe?
_________
AVERTISSEMENT: Le retour en arrière, la nostalgie, sont à consommer avec modération. En étant modéré, on peut saisir des événements qui nous permettent de comprendre pourquoi dans l'aujourd'hui nous sommes ce que nous sommes. Utiles au moins pour se rappeler qu'avant de faire la morale aux autres il faut ne pas négliger nos propres expériences.



Commentaires
1. Le dimanche 13 juillet 2008 à 21:15, par Martine
2. Le lundi 14 juillet 2008 à 23:11, par patrick
3. Le mardi 15 juillet 2008 à 08:38, par aimée-rose
4. Le mardi 15 juillet 2008 à 14:16, par Michel
5. Le mardi 15 juillet 2008 à 18:59, par aimée-rose
6. Le mardi 15 juillet 2008 à 19:54, par Martine
7. Le mercredi 16 juillet 2008 à 10:11, par aimée-rose
8. Le mercredi 16 juillet 2008 à 10:46, par Marc-André
9. Le jeudi 17 juillet 2008 à 00:58, par minou
10. Le jeudi 17 juillet 2008 à 09:29, par aimée-rose
Ajouter un commentaire