C'est ainsi que dans cette saga du financement de la culture Harper prétend que la cause des artistes ne rejoint pas le québécois moyen. Il pousse l'audace jusqu'à séparer les subventions à la culture de toutes les autres subventions dont, nous pouvons nous-mêmes en témoigner, plusieurs petits crosseurs affairistes de notre coin ont largement profité. Mais, cette façon de faire est un élastique qui risque de lui péter dans la face s'il l'utilise trop.

Pourtant, Harper n'a pas tort sur toute la ligne. Le citoyen moyen n'aime pas qu'on joue au pauvre en se promenant en robe de gala, en sabrant le champagne, en multipliant les galas d'auto-gratification! Y a pas grand monde qui a la chance de faire de tels partys médiatisés et de passer des nuits blanches à se saouler aux petites bulles! Pourtant, combien de gens «méritent» la reconnaissance dans leurs milieux pour avoir oeuvré dans l'ombre? Pourquoi le talent des uns serait-il plus important que le talent des autres?

Il y a trop de galas. Il y a trop de trophées et pas assez d'humilité chez tous ces gens qui semblent croire qu'eux seuls travaillent forts!

Et les romans Harlequins alors?

Harper se trompe quand il dit: « Pour les simples citoyens qui reviennent du travail et qui allument leur télé et qui voient des galas fastueux, des galas riches subventionnés par les contribuables et des artistes qui clament que leurs subventions ne sont pas assez élevées alors qu'ils savent très bien que nous les avons augmentées, je ne suis pas sûr que cela a beaucoup d'écho chez les citoyens ordinaires. ».

Pourquoi les gens écouteraient des galas pour être en maudit? C'est certains que les gens n'aiment pas que les riches ou ceux qui paraissent riches viennent pleurer sur leur sort. Mais, Harper (et ses conseillers) prouve qu'il n'a pas vraiment étudié la psychologie humaine. Les artistes-gucci que l'on voit dans ces galas se sont aussi en quelques sortes les princes et princesses de tous ces livres Harlequin qui ont vendu et vendent encore pour des tonnes de millions de dollars dans le monde! Les gens ont besoin de rêver et les artistes leurs apportent cet aspect important à leur vie!

Donc, le travailleur qui entre chez-lui ne veut pas entendre ses princes et princesses pleurer sur leur sort mais il veut les voir!

Reconnaître le vrai Harper

C'est dans un discours idéologique comme celui-là que nous pouvons voir les couleurs réels de Stephen Harper. Je répète qu'il a partiellement raison. Mais, s'il a raison pour les artistes, il doit aussi avoir raison pour les Bombardier de ce pays et tous les autres quêteux du système qui paradent allègrement devant les ministres. Qu'on pense aussi à l'industrie agricole, qui avale les subventions comme d'autres avalent un six-pack, tout en continuant à nous empoisonner; qu'on pense à toutes ces belles compagnies énergivores qui ont de solides contrats en main à des taux très préférentiels en électricité. La liste est longue, presque sans fin, dans nos sociétés où la sociale-démocratie devait amener plus de justice mais où ce sont les riches qui ont su profiter de ce que des gens sont plus égaux que d'autres!

Et, il semble que Harper égalisera encore plus les chances en privilégiant l'économie sauvage des riches sans scrupules que sont par exemple les pollueurs de l'Alberta. Il coupera aussi dans le gras de ceux qui pouvaient encore surveiller un peu que ce que nous consommons soit... consommable!

Me semble que nous avons là quelques petits éléments de réflexion pour bloquer cette montée de la Droite qui nous fera reculer, voire basculer dans une nouvelle forme d'obscurantisme.

Harper a raison et tort. Puisqu'entre deux maux il faut choisir le moindre, ne courons pas la chance de choisir celui qui a tort. Le risque est trop grand! Parce que l'homme semble pondéré, avisé, mais il lui arrive d'être lui-même, comme celui qui nous avons connu en 2004 et qui faisait peur! Sauf les conservateurs, ce n'est pas le choix qui manque!