Vous n'avez pas à répondre ici, évidemment, ce n'est pas un sondage. D'autres l'ont fait. Les résultats, pour le Québec, sont sidérants, voire alarmants! Un québécois sur cinq souffre de détresse psychologique. Et c'est pire pour les femmes: 40% d'entre elles souffrent de détresse élevée.

Les chiffres québécois sont les plus élevés au Canada. J'ouvre toute de suite une parenthèse. L'an dernier un sondage disait que les québécois étaient heureux .

Je ne veux pas minimiser cette étude. Je pense qu'il y a un lourd fond de vérité. La vente élevée de pilules le prouverait. La question se pose quand même. Est-ce que les québécois sont influencés par la manière de poser les questions? Ou vraiment font-ils semblant d'être heureux?

Il y a un petit test ben niaiseux et facile à faire pour peut-être s'en convaincre un peu. On dit souvent que les yeux (le visage) est le miroir de l'âme(*). Si vraiment c'est le cas - et il n'y a pas de raison d'en douter - il s'agit de juste de regarder les gens autour de soi (et de se regarder dans le miroir). Voyez le nombre de gens resplendissants dont le sourire est généralement accroché au visage! Vous en rencontrez beaucoup? Tout est là! Nous avons généralement l'air bête!

Ce qu'on rencontre, c'est beaucoup plus des gens au regard éteint, qui semblent supporter tout le poids du monde.

J'avance une hypothèse. La vie facile d'aujourd'hui, les heures de travail allongés pour se procurer le plus de biens possibles, le désir de biens matériels superflus souvent inutiles mais qui semblent donner une certaine reconnaissance sociale, le désenchantement qui finit par se produire après quelques années de travail et d'accumulations de biens, l'instabilité grandissante de la vie amoureuse, l'incapacité de mener à bien des projets dans une province hautement bureaucratique sont quelques-uns des éléments qui nous rendent aussi laids à regarder!

Le québécois ne s'appartient plus. Il voit un spécialiste pour la moindre décision qu'il a à prendre, ce qui finit par lui faire réaliser qu'il est un «incapable». Le québécois est fondamentalement démotivé justement parce qu'il ne croit pas en lui!

Et puis, selon moi, l'un des éléments principaux de ce désarroi c'est la débâcle spirituel. On agit en cette matière comme pour la question politique. On regarde un peu tout le monde, on pige ici et là, on finit par ne plus savoir pour qui voter alors on vote contre nos «ennemis» plutôt que pour ceux qui nous conviennent.

Un grand nombre de québécois croit aujourd'hui qu'il y a du bon dans toutes les religions et y pigent allègrement. Dans le même élan, ils rejettent aussi ce qui ne leurs convient pas. Conséquence, on refuse certaines balises qu'on considère comme de la petite morale qui nous empêche d'être libre. Or, notre refus d'une morale religieuse ne veut pas dire que nous n'obéissons plus à des règles morales. Au contraire! Aujourd'hui les règles morales sont dictées par l'économie, la psychologie, la science, l'industrie en générale, etc. Les règles viennent de partout, on les accepte -sauf les règles morales et religieuses - et elles nous rendent fous.

Nous croyons n'importe quoi de ce que nous disent tous ces gens qui nous mènent pourtant directement face au mur. Et nous en avons déjà une petite preuve avec la crise économique actuelle. Nous en avons aussi une autre preuve avec la pensée magique de la psychologie moderne, omnipotente et omniprésente, qui intervient à la moindre bagatelle médiatisée pour se faire du capital social. Mais, comme nous avons abdiqué de notre esprit critique nous écoutons toutes ces fausses vérités en croyant qu'elles sont vraies parce qu'elles viennent de gens instruits et diplômés.

Ce sont des diplômés qui nous ont amené à la catastrophe économique. Ce sont des diplômés qui nous ont amené à la catastrophe écologique. Ce sont des diplômés qui nous ont amené aux catastrophes du milieu de la santé et de l'éducation. Ce sont des diplômés qui nous ont amené au vide spirituel et religieux. Ce sont des diplômés qui ont pondu et qui défendent la charte des droits qui, elle, défend outrageusement les minorités en toutes circonstances au détriment même de la logique majoritaire et donc de la logique démocratique.

Il faudrait peut-être essayer de se reprendre en main. Reprendre le contrôle de notre agenda, reprendre le contact avec les gens qui nous entourent et, pourquoi pas, regarder à l'intérieur de nous s'il ne reste pas quelques braises de spiritualité qui ne demandent qu'à être alimenté!

En choisissant le matérialisme et la vie artificielle et superficielle qui y sont accouplées, nous avons mis la table pour aboutir aux résultats actuels. Je me souviens très bien des avertissements quelque peu apocalyptique des années 70 sur les dangers de nos choix. Il ne faut donc pas être tout à fait surpris de cette triste réalité qui nous frappe aujourd'hui.

Et si j'ai une suggestion à vous faire, à moins d'être dans une situation grave qui commande irrémédiablement le recours à des spécialistes et à la médication, tournez-vous donc vers des solutions simples que vous pourrez appliquer vous-mêmes sans avoir recours à des prétendus spécialistes. Prenez l'air, nourrissez-vous bien, impliquez-vous un peu socialement, donnez-vous quelques temps de VRAIS loisirs (non programmés dans l'agenda), prenez contact avec votre famille (si c'est toujours possible), gardez-vous un petit réseaux d'amis et, surtout, donnez-vous donc du temps pour vous fouiller l'intérieur en méditant, en priant et en contemplant la vie.

Je vous l'ai déjà dit, un de mes profs en théologie (Raymond Truchon) que j'aimais beaucoup, disait qu'un être humain était équilibré quand il mettait en pratique une sorte de triangle de vie. Un tiers pour soi, un tiers pour les autres et un tiers pour Dieu. Quand tu en donnes plus à l'un qu'à l'autre, c'est le déséquilibre, qui peut finir par la détresse psychologique.

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* Évidemment, quand je parle d'âme, pour ceux qui ne croient pas en Dieu disons que je parle de vie intérieur.