Xunlight, partie 1

Des fois, comme ça, je rêve que Radio-Canada se débarrasse de quelques-unes de ses caméras portables pour journalistes avec logiciels de compressions compris et que je sois sur leur route. Ça me permettrait d'en montrer bien plus et plus rapidement sur ce qui se passe ici. Les images valant mille mots, on le sait tous...

Même si je faisais un peu pitié hier (jeudi le 16) avec ma petite caméscope, à côté des caméras de Télépub, de CFER et de Radio-Canada, j'ai savouré autant - et peut-être plus - chaque seconde du temps que j'ai passé dans l'ancien bâtisse de Spielo-vous-vous-souvenez, qui a quitté abruptement en février 2007! Dix-neuf mois après ce mauvais rêve au tout aussi mauvais timing, qui avait presque provoqué une commotion à la Maison de la Culture, le jour même du lancement de Assez c'est Assez, les visages étaient bien différents jeudi.

Nous passerons rapidement sur le morning man sceptique qui s'est ouvert le mauvais clapet, le matin même. Juste dire qu'il n'y a rien à comprendre de cet énergumène. Il fustige quand il n'y a rien et beurre encore plus épais quand atterrit une bonne grosse nouvelle.

Mais avant de continuer sur cette nouvelle, je veux faire un petit détour sur deux autres événements qui l'ont précédé de 24 heures.

Gouvernement étudiant

Je suis allé à la polyvalente l'Escabelle (la nouvelle) cette semaine pour le dévoilement des étudiants élus par leurs pairs, députés et premier ministre. J'y étais l'an dernier. Invité par l'école. Cette année, c'est le député qui m'a invité. Sinon, je n'en savais rien. Pourquoi? Quand personne ne parle, la porte s'ouvre aux hypothèses! Ce n'est pas mois qui perd au change, je vous avoue!

J'ai aimé encore une fois me retrouver là. Me retrouver parmi ces jeunes, dont plusieurs sont devenus les «Grands» de l'école. Il y a plusieurs années, je leur enseignais la musique. Ils ne m'arrivaient même pas à l'épaule. Maintenant... regardez juste la photo où l'on voit le premier ministre élu, Bruce Perreault. Il était tout petit celui-là. Qu'est-ce qu'il mange pour être si costaud?

L'Escabelle, je vous en parlais l'autre jour, connaît des moments difficiles. Ça ne paraissait pas un brin. Pas l'ombre d'un problème à raconter. Au contraire, on y sentait une chaleur, une belle complicité entre les jeunes. Ça me rappelait une courte période de ma vie, quand j'ai eu à fréquenter la petite école du Grand-Fond. Six niveaux de primaires dans une bâtisse petite comme ça! Je vais faire vieux jeu encore, mais je le dis, une des solutions majeures à l'éducation fourre-tout actuelle, c'est la mise en place d'écoles à dimension humaine et à l'image de son milieu tout en restant ouvert sur le monde!

Espérons que nos experts à l'éducation se réveilleront plus rapidement que ceux qui ont conduit l'économie mondiale dans le trou!

L'Escabelle c'est une belle école. Et elle a déjà tous les atouts pour être un modèle d'école plus «humaine»!

- Les photos

Pascal Bérubé veut faire avancer des dossiers

Pascal était à l'Escabelle pour l'élection mercredi. Je faisais une petite rétrospective dans ma tête. Je ne me souviens pas d'avoir vu un député dans une école d'ici en dehors des périodes d'élections. Et ça fait deux ans qu'il y vient juste pour le gouvernement étudiant!

Après cela, il s'est rendu à son bureau pour une petite conférence de presse. Il veut faire avancer des dossiers qui traînent et qu'il juge importants. Vous savez sûrement de quoi il s'agit puisque la nouvelle a couru toute la semaine un peu partout dans les médias dont sur mon site . Ça vaut la peine de lire la nouvelle. Parce qu'on constate à quel point des dossiers prioritaires, des dossiers qui commandent diligence dans la réponse et l'exécution traînent de manière incompréhensible parfois.

Prenons seulement le cas des rivières Cap-Chat et Sainte-Anne. Un beau cas de niaisage, d'incompétence et de renvois de la balle! Pendant ce temps, certains propriétaires ont vu plus de la moitié de leur propriété être avalée par l'eau! C'est le cas à Ste-Anne de Camille Michaud et à Cap-Chat de Régis Soucy.

Et que dire de la Haute-Vitesse? Ouf, comme dirait l'autre! Il n'y a pas vraiment d'explication logique à cette lenteur. Nous ne sommes plus au temps du télégraphe, des tam-tams ou de la fumée pourtant!

La crise forestière c'est quelque chose de plus difficile à commenter. Le débat est tellement émotif. Il touche autant les pauvres travailleurs qui ont besoin de vivre, que les industriels sans scrupules qui seraient prêts à tout ravager, que les politiciens qui sont pris entre deux feux, celui de commencer à réfléchir sérieusement sur les dégâts que nous causons à l'environnement en même temps que de ne pas détruire totalement l'industrie et, finalement, les écologistes qui alertent la population, souvent avec raison, parfois avec une dose d'extrémisme qui finit par les discréditer.

Finalement, le dossier AAER qui, malgré la bonne nouvelle de la semaine dernière n'est pas complètement réglé. En fait, l'idée c'est de faire en sorte qu'une compagnie entièrement québécoise puisse obtenir l'intégralité du 500 MW communautaires, ce qui est une des solutions mises sur la table par Pascal Bérubé, et appuyée par l'ADQ, par la MRC de la Haute-Gaspésie, par le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Micheline Pelletier. La main d'oeuvre existe déjà ici pour effectuer le travail que commanderait AAER!

Xunlight, suite

Ce n'est pas pour rien que je me garde Xunlight pour la fin. Pour rester sur l'élan de très bonne nouvelle. Disons que j'écris ça en ayant un peu la tête entre les jambes, comme le petit chien honteux d'avoir fait une bêtise. J'ai beaucoup écouté ce qui se disait autour de moi de la part de gens que je considère sérieux et crédibles. Peu d'entre eux croyaient à cette histoire. Et quand le préfet Magella Émond avait inclus dans son bilan l'arrivée éventuelle de Xunlight à Sainte-Anne, je n'en croyais pas mes yeux. Je me demandais comment on peut faire un bilan positif sur des probabilités... faibles!

Mettons que mon scepticisme a baissé de plusieurs crans dans cette histoire. Pas totalement. Parce qu'il faut le dire, même les intervenants du milieu restent prudents. Et j'avoue avoir aimé cette prudence. C'est un bon signe. Le signe qu'ils garderont les yeux ouverts et l'oreille attentive à tout possible écart dans le cheminement vers l'ultime réalisation du projet. Par contre, il y a une marge entre prudence et scepticisme. De là à pourfendre le projet en pleine radio, il y a une marge et elle fut dépassée!

En tout cas, j'étais bien content d'être là. J'aime ce genre de bain de foule où l'on voit de tout. Souvent les téteux, l'ivraie, mais aussi le bon grain. C'était mon premier contact «physique» avec Nathalie Normandeau, à qui j'ai donné la main (ou elle me l'a donné, je ne sais plus). J'ai pu lui dire quelques mots à deux reprises, soit avant et après la conférence.

J'ai dit beaucoup de chose sur Nathalie Normandeau depuis plus de trois ans. Une femme que j'ai apprécié beaucoup au début et qui a commencé à me taper sur les nerfs quand j'ai constaté qu'elle n'en avait que pour le Sud. Au point où j'ai pensé qu'elle était totalement fermée à la réalité haute-gaspésienne. Je l'imaginais têtue et peut-être revancharde un peu. Jeudi, je la voyais autrement.

Pour avoir été dans quelques assemblées où se trouvent des politiciens, je peux vous dire qu'on en voit de toutes les sortes. Des politiciens imbus d'eux-mêmes qui ont un contact distant et froid et qui vous donnent la main comme le ferait un robot. Comme le disait Pascal Bérubé, il y a ceux qui croient que leur victoire n'est dû qu'à eux-mêmes et leur défaite imputable à tous! Mais, ce n'est pas le cas de tout le monde. Je me souviens de Jacques Saada. Un charmant personnage, dont l'allure était trompeuse. Il semblait distant mais dès que le bain de foule commençait, il était affable, souriant et ben jasant. À quelques égards, Nancy Charest lui ressemblait. Pascal Bérubé ne m'a jamais donné l'impression de se foutre des gens. Lui aussi il se mêle facilement aux gens, peu importe la couleur de l'habit!

Selon moi, Nathalie Normandeau, c'est une coche au dessus. Et peut-être plus! On lui parle beaucoup de son charme physique. Et oui elle en a. Mais, ce que je retiens d'elle, c'est plutôt son charme politique. Cette capacité de dire les choses simplement, devant un micro ou en se promenant dans la foule. Une naturelle, et ça se sent! Il fallait aussi voir le contact entre elle et Pascal Bérubé (voir l'album photos: lien plus bas). Je suis peut-être un peu naïf mais j'avoue que c'est toujours ce que j'ai espéré voir. Peu importe le parti, quand tu travailles pour ta région, c'est d'abord ça qui compte. Ensuite, tu penses à toi, inévitablement, si tu veux être élu! Les deux sont peut-être parfois à couteaux tirés. Mais, on sent qu'ils sont capables de se parler. J'aime beaucoup!

N'allez pas croire que je ne dirai plus rien contre elle, si elle nous oublie! Mais, je sais maintenant qu'elle peut nous écouter! J'espère la revoir bientôt dans notre coin.

Pour en revenir à Xunlight, je veux mettre d'avant deux noms. Je tiens à en parler parce que j'ai aussi parlé de la pertinence d'envoyer des délégations se promener de par le monde juste pour profiter d'un compte de dépenses. Vous avouerez qu'on a été assez échaudés dans ce domaine. Mais cette fois, les démarches de Martin Richard et de Jacques Paquin récoltent des fruits.

Je ne connais pas Jacques Paquin; je ne peux rien en dire. Je connais un peu Martin Richard. Il n'a pas changé d'un iota. Les petits moments de célébrité que lui offrent ce genre d'événements publics ne semblent pas avoir aucun effet sur son ego. Il reste calme, humble et chaleureux. Et le jour où les premiers travailleurs entreront dans l'usine de Xunlight, Sainte-Anne-des-Monts pourra dire qu'elle récupère amplement l'investissement qu'elle a fait en engageant un directeur générale. Comme on le dit souvent ici, dans mon petit village, c'est avec de l'argent qu'on fait de l'argent. Je n'en dis pas plus.

Puisque certains ont fait allusion à Sural dans cette histoire, j'ai posé la question. La réponse que j'ai reçu est assez évocatrice du symptôme qui nous gruge. On me dit que si Sural est devenu un éléphant blanc, c'est d'abord et avant tout dû au maudit niaisage qui s'est produit entre l'annonce du projet et la construction de la bâtisse. Pendant ce temps, ailleurs dans le monde, en Chine pour être plus précis, une usine similaire a été construite et s'est retrouvée à prendre le marché sur lequel comptait Sural! Qui est fautif ici? J'aime mieux ne pas chercher. Ça sera encore la faute de l'autre!

Finalement, j'ai eu mes premiers contacts avec le préfet de la MRC, Magella Émond et le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Micheline Pelletier. J'aurai probablement à les rencontrer tous les deux et ça fait mon affaire. Dans une histoire qui implique beaucoup de monde, il y a évidemment deux côtés à une médaille. Et j'ai l'impression de n'avoir fait mention que d'un seul côté jusqu'à présent!

Je termine donc en félicitant tous ceux qui ont travaillé comme des déchaînés à la réalisation de ce projet. Et je sais que ça n'a pas été facile. On m'a dit qu'à un certain moment, on était en train de le perdre. Vivement que tout se mettre en marche!

Album photos prises à l'annonce de Xunlight
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