jeudi - février 15, 2007
Les élections annoncées dès la semaine prochaine
Plus de doute possible maintenant, Jean Charest convoque l'assemblée nationale d'urgence pour mardi prochain. C'est le signal.
Que ça nous tente ou non, nous voilà pris dans le premier des deux gros cirques cette année, l'élections provinciale. Même si je vous disais qu'il faudra bien écouter les discours de tous nos messieurs-dames de la politique, même si je vous disais de rester critiques devant le flot de promesses qui nous tombera dessus, vous ne m'écouterez pas, n'est-ce pas?
Vous ne m'écouterez pas parce qu'environ 80% d'entre vous êtes déjà bien foncés de la couleur de leur choix. Les 20% qui restent, se diront indécis jusqu'à la fin parce qu'ils veulent entendre ce que vont dire les candidats. Le même scénario se répète à chaque élection. Les mêmes déceptions font pencher la balance tout autant que les mêmes promesses.
Mais que faire pour changer ça? Il y aurait bien un moyen. Mais ce moyen, vous ne l'appliquerez pas parce que vous êtes habitués à la pensée sécure, au statu quo traditionnel. On nous a dit que tout bon citoyen doit voter. Comme ce n'était pas assez, on nous ajoute le danger de péché mortel, celui qui nous condamne presqu'à l'enfer lorsque nous ne votons pas dans un pays démocratique qui nous donne la chance de le faire.
Je ne peux pas vous en vouloir pour ça. Mais, comme disent les anglais, quand on prend une décision, faut faire avec! L'idéal serait que tous les désabusés aillent voter. Mais, en dessinant un beau X pour chacun des candidats. Ça s'appelle annuler son vote. Alors, comme vous ne le ferez pas, faudra endurer. Comme quand vous avez décidez de voter pour le Parti libéral en 2003, que vous avez chiâlé comme des déchaînés pendant trois ans et que vous risquez de chiâler encore parce que le bon papa gâteau qu'est Jean Charest distribue actuellement tellement de millions, signe tellement d'ententes, accepte tellement de projets mis sur la table, que vous ne saurez résister à pareille charité!
Dans notre région
En Haute-Gaspésie (comté de Matane), on parle de combat revanche. Pascal Bérubé, qui a mordu la poussière par 33 grains de sable en 2003 n'aurait qu'une idée en tête, la vengeance. Je pense que les journalistes font souvent des efforts intellectuels douteux pour rendre attirante une nouvelle qu'ils semblent juger sans attrait. Ce serait évidemment une bien mauvaise stratégie que celle de rechercher la "vengeance". Le Parti libéral a un bilan négatif de quatre ans dans notre région, sauf à Matane. Et, à Matane, les péquistes rappellent que madame Charest surfe sur des réalisations commencées par leur parti avant 2003.
Madame Charest veut compter sur une équipe dynamique, plusieurs présences dans les médias et, dernièrement, sur un bizarre timing(1) pour espérer remporter la victoire. Est-ce que ce sera suffisant pour calmer la grogne galopante dans notre région. Il ne faut pas oublier que si on peut surfer sur les acquis des autres, on peut aussi se faire jouer le tour inverse, celui de frapper la grosse vague qui nous renverse quand des usines ferment juste au moment où on a besoin de tous les votes possibles.
Personnellement, je ne sais pas si je voterai. Probablement que j'annulerai. Je suis déçu du bilan libéral en Haute-Gaspésie et je n'ai rien du passé péquiste régional à me mettre sous la dent. Même s'il me vient à l'idée de donner une petite chance à Pascal Bérubé, qui a flirté avec la pauvreté de chez-nous dernièrement, j'ai perdu la flamme souverainiste depuis un bon moment. Et, qui dit PQ, dit souveraineté. Ce n'est pas nécessairement la souveraineté qui me fait peur, je l'ai déjà dit. C'est la chasse aux sorcières, les vendettas qui risquent de s'ensuivre.
Dans une province où on n'hésite à aucun moment à sacrifier ce que nous avons de meilleurs juste pour favoriser la racaille syndicale, le haut-fonctionnariat et les petites mafias des différents collèges et organisations professionnelles, il n'y aurait aucune surprise à voir tous ces gens être les décideurs d'un nouveau pays dont les tendances socialistes sont les plus poussées en Amérique du Nord. Il y a même une forte propension à l'idéalisme marxiste chez plusieurs ce qui rend parfois la chose cocasse puisque, du même souffle, leurs innombrables réactions anticléricales les ont souvent rendus semblables aux gens qu'ils dénonçaient.
On verra bien. Une chose certaine, j'ai la mémoire plus longue que plusieurs (faux) déçus déjà prêts à baiser à nouveau les pieds de Jean Charest. Je n'ai pas oublié l'enfer que ce parti nous a fait subir pendant trois ans et aucun de ses bonbons électoraux n'aura d'influence sur moi. Je n'ai pas oublié les nombreuses lois passées sous le bâillon (empêche à la liberté d'expression, comme le dit Le Petit Robert), ce qui, selon moi, est grave en démocratie. Je n'ai pas oublié le Mont-Orford.
Bien sûr, il y a l'ADQ. C'est un choix qui est loin d'être aussi diabolique qu'on veut bien nous le faire croire. Quand on est rendu à traiter Dumont de Le Pen, c'est qu'il doit en rendre plusieurs nerveux. Je trouve d'ailleurs que c'est un couteau à deux tranchants de toujours attaquer celui qui nous dérange. Souvent, c'est le signe que tu n'as pas grand-chose à offrir. De plus, pendant que tu parles de l'autre, tu ne parles pas de toi. Et, comme le dit ce fameux dicton «parles-en en bien, parles-en mal, l'important c'est que tu en parles». Comme j'aime le dire, il y a 99% des chances que tu ne penses pas au chocolat quand je te parle. Mais, si je te dis le mot chocolat...
En tout cas, si le Parti libéral aime la Gaspésie, il ne l'aime pas toute. Il l'aime dans le comté de Nathalie Normandeau, qui a distribué les subventions et les dons sur son enveloppe discrétionnaire comme si elle était la Mère Noël. Le PQ a réellement besoin d'une grosse chaussure s'il veut seulement espérer drainer quelques votes dans le comté de la Mère distributrice. Pour la Haute-Gaspésie, madame Normandeau a manqué de temps, d'argent et probablement de mémoire. Car, je ne suis pas du tout certain qu'elle se souvienne même qu'il y ait une Gaspésie du Nord. Si j'étais méchant, je la dirais un peu traîtresse. Mais, je ne le suis pas. Je vais donc me contenter de dire que l'attitude de Normandeau a largement contribué à l'appauvrissement de la Haute-Gaspésie et à en faire un ghetto digne de Harlem. Il faudrait peut-être lui rappeler ceci: Le bien commun doit passer par dessus le bien particulier. Le bien particulier pour la madame étant de s'occuper uniquement de se faire réélire. D'ailleurs, quelle différence cela fait d'avoir une madame ministre qui ne s'occupe pas de notre coin et un député du coin qui a eu beaucoup plus de facilité à aider Matane que le reste du comté?(2)
(1) Je reviendrai ultérieurement sur ce bizarre timing
(2) Je reviendrai aussi sur Matane. Il est bien heureux que cette ville se développe. Mais, pas au détriment du reste de la région.