vendredi - février 16, 2007
La promesse à Mario et LE problème du PQ
5 200$, ça vous tente? C'est une belle promesse non? Sauf s'il faut encore faire payer les assistés sociaux! Et, Marc Laviolette au PQ, ça vous tente? C'est une mauvaise surprise hein? Sauf si vous aimez avec lui détester les riches.
Une promesse qui va à l'encontre de nos choix de société?
Mario Dumont promet 5 200$ par an par enfant qui n'occupe pas une place dans une garderie subventionnée. C'est beaucoup d'argent. Pis après, y en a combien des millions qui vont sur des projets inutiles, qui sont détournés dans des études de tout acabit, qui se ramassent dans le bas de laine appelé enveloppe discrétionnaire? Chaque année, le vérificateur générale nous fait le récit d'horreurs qui ne semblent pas se corriger. Alors, 5 200$ pour des enfants, directement dans la poche de quelqu'un qui n'a pas triché pour l'avoir, hum... pas trop difficile de faire un choix. D'autant que je n'ai aucune inquiétude. Quand est-ce que de l'argent donné à des gens démunis leur est resté dans les poches? On trouvera bien le moyen de tout reprendre ça. À moins que l'ADQ ne soit vraiment différent des autres. Ce dont je doute.
Michèle Courchesnes (solidarité sociale) et Carole Théberge (famille) disent que Mario Dumont divise. En quoi divise t-il? Tout simplement en chantant faux dans la chansonnette devenue presque un hymne national, "le Québec a fait des choix de sociétés..." Le choix dont il est question est évidemment de fonctionner selon le système. Curieusement, il ne semble jamais venir à l'idée de ces gens que des choix, ça se change. Et encore moins, qu'avant ces choix, il y en avait d'autres et qu'après il y en aura assurément d'autres. C'est la loi de la vie et empêcher ça c'est empêcher la vie.
Il est donc plus que probable que les choix à venir soient déjà dans l'air. L'un de ceux-là pourrait être de donner le choix justement. Le choix de ne pas être dans un réseau qui risque d'éclater à tout moment.
Pourquoi Courchesnes et Théberge ont-elles réagi aussi rapidement? Il se peut que nous ayons été témoins de l'attitude agressive qu'entendent nous démontrer les libéraux durant la campagne qui est à nos portes. Mais, ces dames ne sont pas sans savoir que la seule promesse du Parti conservateur de remettre 100 $ par mois directement aux familles où se trouvent des enfants de moins de 6 ans a eu un certain impact sur l'électorat. L'odeur de l'argent dans ses poches restera toujours l'élément d'attraction le plus fort pour les électeurs. Le Parti libéral, doit pourtant savoir ça, lui qui multiplie les candies électoraux depuis un an. Candies qui nous viennent d'argent enlever aux contribuables durant les trois premières années de son mandat dont justement une partie provient de coupure à l'aide sociale.
C'est peut-être ce qui explique la rapidité avec laquelle le Parti libéral est intervenu. Il sait très bien que 5 200$ par année pour qui n'a pas de revenu, c'est mieux que zéro. Et que, même si ce n'est pas cher pour plusieurs d'envoyer ses enfants en garderie, il y a encore bien des gens qui sont incapables d'en payer les coûts.
Le Parti libéral n'a rien à envier à l'ADQ sur le choix du programme d'aide sociale pour trouver les fonds nécessaires à sa démagogique approche de la classe moyenne. Et l'ADQ ne devrait pas calquer l'accomplissement de ses belles idées sur l'attitude hautaine des libéraux qui se sont toujours foutus des pauvres. Pendant qu'on déroule le tapis rouge aux riches individus dont on finit souvent par entendre parler dans un quelconque scandale financier on perd de bien grandes opportunités de trouver les argents disponibles pour payer certains programmes.
Marc Laviolette où les raisons des problèmes péquistes
La grand-gueule à Marc Laviolette, celui qui tire sur tout le monde et même sa mère, annonce sa candidature pour le Parti québécois aux prochaines élections. Marc Laviolette au PQ, c'est le loup dans la bergerie. Mais, c'est aussi le symbole de toute l'histoire tortueuse du Parti québécois.
Quand le Parti québécois reproche au Parti libéral ses nombreuses accointances avec les riches il ne mentionne jamais ses propres accointances avec les syndicats. Quand le Parti québécois prétend que les relations du Parti libéral avec le patronat et les riches le rendent redevables de ceux-ci lorsqu'ils sont au pouvoir, il oublie de mentionner qu'il est lui aussi redevable des syndicats. Il est vrai que les leaders syndicalistes ont souvent été proches de l'ancien pouvoir catholique où il était important de bien faire comprendre aux pauvres que le paradis leur était réservé, que l'argent c'était sale et que les riches étaient tous des voleurs. Ce qui a considérablement contribué à rendre malheureuse et sans issue notre relation avec l'argent. L'attitude des syndicats face aux riches est tout simplement un transfert de la philosophie catholique. On pourrait appeler ça du romantisme catholico-syndical. Souffrir pour être beau mais ne jamais être beau parce que la souffrance éloigne justement la beauté et la richesse.
L'épaisse bureaucratie, l'hégémonie esclavagiste des syndicats et l'impossibilité systématique de créer facilement son commerce sont des résultantes directes du mariage PQ et syndicat. Si vous aviez un doute quelconque sur ce mariage, pensez seulement à ce beau moment qui devint pathétique lorsque André Boisclair a justement signalé qu'il voulait voir le Parti québécois divorcer des syndicats (finit le copinage!). La réponse fut cinglante de la part de l'aile syndicale du parti dont justement Marc Laviolette fait partie tout comme de Monique Richard. Prétendre, comme le disait en ces termes Monique Richard :«Moi, dans mon expérience syndicale, je n'ai jamais eu l'impression d'avoir des relations privilégiées avec le gouvernement en place», c'est nous prendre pour des imbéciles. Il faut dire que la simple mention du mot "impression" lui évite de passer pour une fieffée menteuse si jamais l'histoire ne retenait pas son analyse.
Je me demande si André Boisclair a vraiment changé d'idée sur la question du copinage avec les syndicats. Il ne peut pas avoir dit ça comme on demande une bière dans un bar. C'est assurément quelque chose qui est réfléchie, qui ne peut pas mourir comme ça au feuilleton. On l'a probablement senti comme tel chez l'aile syndicale du PQ. Ça pourrait expliquer le volte-face de Laviolette, lui qui semblait avoir soulevé l'armée nécessaire pour renverser Boisclair. Il veut être là pour surveiller le méchant monsieur!
Parlant de Boisclair, je me demande parfois si le seul grave défaut de Boisclair (il en a bien d'autres des défauts...), ce n'est pas justement de ne pas avoir les couilles nécessaires pour aller de l'avant avec ses idées de renouveau. Quand on réunit les idées lancées ici et là par celui-ci, quand on leur cherche une ligne directrice, on a l'impression qu'il sait justement où il va. Mais, il n'a ni la manière, ni l'expérience, ni l'ascendant qu'il lui faut pour brasser la cage. J'ai failli dire qu'il lui manque un peu de René Lévesque, celui-là sur qui il se réfère pour sa politique. C'est oublier rapidement que même Lévesque s'est fait montrer la porte lorsqu'il a parlé de changement de cap.