Mariage arrangé, mariage de misères


Qui pourra encore critiquer le Parti libéral de putasser avec le Conseil du patronat du Québec (CPQ)? Qui pourra lui reprocher d'être le Parti des riches? Sûrement pas le Parti québécois. 

L'annonce du "copinage" entre le PQ et la FTQ c'est autant un pacte avec le diable que peut l'être celui entre le CPQ et le Parti libéral. Ça l'est d'autant plus qu'il est impossible de ne pas y voir une alliance de concessions, un traité "signé" sous la menace par André Boisclair. À ceux qui auraient oublié, il faut rappeler qu'il y a à peine un mois, André Boisclair causait une commotion au sein de l'aile radicale et gauchiste du PQ quand il a déclaré que le copinage avec les syndicats était terminé. 


Je me demande comment il se fait qu'on trouve plus normal de voir un président (ayatollah) de syndicat poser à côté d'un potentiel premier ministre du Québec qu'un président du Conseil du patronat? 


C'est Françoise David qui doit manger ses bas de nylon aujourd'hui elle qui, par un habituel excès d'opportunisme, avait ouvert toute grande sa porte aux syndicats le jour du grand affront de André Boisclair. 


Le Parti québécois c'est donc l'autre face de la même médaille que celle du Parti libéral. Deux frères ennemis qui s'affrontent pour la meilleure part du gâteau. Au diable le peuple, au diable l'évolution du Québec et son entrée dans le XXIe siècle. Les syndicats ont pourri l'atmosphère de travail dans "notre" pays. Ils ont ainsi forcé les patrons à réagir à leurs ambitions et leurs exigences outrancières continuelles. Résultats, fermetures d'usines, départs vers d'autres cieux, demandes de baisses de salaires, abandons ou réductions de nombreux bénéfices marginaux, mises à pied continuelles. On se demande d'ailleurs à quel jeu jouent les syndicats quand un patron menace de fermer comme c'est le cas par exemple à Les Méchins. Encore aujourd'hui (4 mars) 94% disent non aux offres patronales même si on est certain que fermera le chantier.


Je comprend que les syndicats n'aient pas à se coucher face à la moindre menace. Mais, force est de constater qu'ils ont été perdants dans la très grande majorité des cas dans leur partie de poker avec les patrons du Québec depuis quelques années.


Et c'est avec ça que le Parti québécois veut continuer à copiner? Je m'attendais vraiment à un renouvellement des idées. Il est vrai que le chemin sera long au Québec avant de réussir à assainir le climat de travail.  Il n'est pas normal, il ne sera jamais normal que des gens marchent de peur. Les syndicats sont arrivés à une époque où les travailleurs vivaient constamment dans la peur des décisions des patrons. Maintenant, les travailleurs vivent constamment dans la peur de contrarier la moindre parole des dictateurs syndicaux. Il n'est pas normal, il ne sera jamais normal que des incompétents, des bandits, des profiteurs sans scrupules puissent impunément sévir dans le milieu du travail parce que protégés par des lois syndicales hermétiques quand ce n'est pas la Charte des droits.

 

Curieusement, c'est à cause de ce copinage idiot que je souhaite voir le Parti québécois prendre le pouvoir. Je veux vraiment voir si André Boisclair était sincère dans sa déclaration il y a un mois. Comme je l'ai déjà dit ailleurs, Boisclair ne peut pas avoir dit ça sous le coup d'une quelconque émotion, pour faire populiste. Il y a quelque  chose là qu'il faut tester. Et, si ça ne marche pas, dehors dans quatre ans. C'est tout!


Publié: dimanche - mars 04, 2007 at 04:26 PM