Tactiques déloyales


 Une tactique déloyale qui conduit à une autre. En politique on dit que c'est normal. Mais, les acquis ne sont pas éternels alors rien n'empêche de critiquer cette façon de faire. Déclencher des élections quand les adversaires ne sont pas prêts pour ensuite chercher les poux chez les candidats vite trouvés c'est de la petite politique infantilisante. Dommage, nous avions droit à une belle campagne jusque là!

Le Parti libéral vient de manquer une belle occasion de nous faire oublier à quel point nos politiques et nos comportements se calquent sans cesse sur le modèle américain. Cette fois, c'est de la triste manière de faire une campagne électorale dont je veux parler.


On savait depuis quelques jours que les libéraux fouillaient le passé des candidats adverses afin de trouver le squelette dans la garde-robe qui les mettrait dans l'embarras.  Chanceux comme un pape, les libéraux viennent de trouver coup sur coup deux perles rares, Claude Roy qui s'est prononcé contre le registre des armes à feu et, surtout, Jean-François Plante qui condamne les activités de commémorations des victimes de l'école Polytechnique de Montréal d'une part et qui remet en question le bien-fondé de l'équité salariale d'autre part.


Même s'il m'arrive moi-même de me poser des questions sur les sempiternelles exercices de commémorations qui nous plongent régulièrement dans la culpabilité collective, la tristesse mais aussi la récupération par les groupes de pression, je pense qu'il faut être un peu plus songé si on veut se lancer en politique au Québec. Si en plus, tu en rajoutes en critiquant l'équité salariale ben là je me dis que tu coures après les coups. Ce n'est pas l'Iran ici. Il a fallu tant d'années et d'efforts pour arriver à faire comprendre aux machos du pouvoir qu'à travail égal la femme mérite le même salaire que l'homme que cette bourde est impardonnable. Mais pas au point de jeter quelqu'un à la poubelle. À ce titre, il faudrait vider plus de la moitié du staff libéral. Si on prend simplement le cas de Couillard qui excuse toutes les bêtises qui se font dans la Santé, s'en remettant toujours à plus tard, aux enquêtes qui n'aboutissent pas pour ne rien dire même sur des morts suspectes dans les hôpitaux. On pense ici à Honoré-Mercier, bien sûr, dont l'ex-directeur général sévit ailleurs avec la bénédiction du gouvernement qui s'en lave les mains.


Cette façon de faire des libéraux risque de nous faire basculer rapidement dans le salissage institutionnalisé lors des campagnes électorales ultérieures. Parce qu'on le sait, c'est un jeu qui se joue à deux... ou plusieurs. Il est étonnant d'ailleurs que le Parti libéral s'embarque dans ce genre de "game" lui qui doit pertinemment savoir qu'en ouvrant  cette boîte de Pandore il s'expose aux même châtiments qu'il fait subir.


D'ailleurs, il faut noter la façon dont Mario Dumont a su prendre la balle au bond  lors de son passage à les Méchins  (Voir le texte ici) pour démontrer qu'il y a parfois pire qu'une déclaration. Il s'en est pris à Nancy Charest qu'il accuse de négliger son monde. Pour preuve, il cite le moment (pathétique) que nous avons vécu le 13 février dernier lors de la conférence de presse de la Coalition Assez c'est assez. La mairesse de Sainte-Anne-des-Monts a alors annoncé à tout le monde la nouvelle qui venait de tomber, l'usine de Spielo, qui engage plus de 50 personnes avait fermé ses portes. Nancy Charest l'apprenait. 


La tactique du Parti libéral est doublement déloyale. Personne n'est dupe ici. On sait très bien que les libéraux préparaient cette campagne depuis longtemps et ont profité que tous les autres Partis politiques n'étaient pas prêts.  C'est une tactique digne d'un parti communiste obligé de jouer le jeu là où la démocratie essaie tant bien que mal de s'installer. Ici, c'est le contraire, elle tend à disparaître. Évidemment, tout le monde dira que c'est normal en politique de démolir l'adversaire car il faut gagner. Je persiste à dire que tout cela est bien puérile et indigne de notre monde aux grandes prétentions intellectuelles. Je les cherche encore, je l'avoue, tous ces intellos censés nous donner l'exemple à suivre pour un monde vraiment meilleur.


Maintenant, en terminant, dites-moi sérieusement ce qui est le pire entre un ministre (expérimenté) qui refuse de condamner un directeur-général d'hôpital qui n'a rien su de l'hécatombe qui se déroulait dans sa bâtisse et un jeune (nombril vert) qui surfe sur la vague droitiste en condamnant un événement commémoratif? À moins que Jean-François Plante n'ait nié que cela se soit produit, ce qui est toute autre chose, il a bien droit de se poser des questions et même de critiquer ce genre d'événement. Le contraire serait bien plus inquiétant. Le Parti libéral joue un jeu bien dangereux!


Publié: lundi - mars 05, 2007 at 05:13 PM