dimanche - mars 18, 2007
Quelle justice sociale?
La politique, c'est l'art du sophisme. C'est à dire de donner l'apparence de vérité avec de faux arguments. J'ajouterais des arguments choisis dans ce qu'il y a de plus démagogique. Il faut plaire. En voici deux autres épisodes...
Dans ses récentes attaques à l'endroit de Mario Dumont, André Boisclair revient souvent sur le thème "injustice sociale" même s'il ne le dit pas explicitement. Pendant plusieurs jours il a répété à satiété que l'idée de Dumont d'en finir avec les Commissions scolaires allaient créer un déséquilibre des richesses entre le villes et les villages. Aujourd'hui il s'attaque à l'idée d'en terminer avec les conseils d'agglomération. Il dit:
«Je met au défi Mario Dumont de venir expliquer aux Montréalais et au maire en quoi sa proposition d’abolir les conseils d’agglomération va venir régler les choses à Montréal, a dit André Boisclair, de passage dans la circonscription de Crémazie. C’est pas d’un débat de structure pendant cinq ans qu’on a de besoin, on a besoin d’une métropole forte, appuyée par son gouvernement.»
Dans ce texte, remplacez "conseils d'agglomération" par commissions scolaires, remplacez "maire" par maires, remplacez "Montréal" par villages en régions et remplacez "métropole" par municipalités et vous avez exactement le même discours, le même défi que Boisclair a lancé à Dumont lors de son passage à Cap-Chat.
Je comprend très mal pourquoi Boisclair insiste à ce point sur "le débat de structure". Ne comprend-il pas que ce sont justement des structures actuelles dont les gens ont marre? Ne comprend-il pas qu'au même titre que le gouvernement Lévesque de 1976 a jugé bon de faire le ménage dans une foule de structures passéistes, celui (hypothétique) de Dumont aurait toute légitimité de lessiver ce qui sclérose la société québécoise?
Dans les faits, Boisclair se trouve ici beaucoup trop près du discours de Jean Charest en faisant de la rhétorique sur la justice sociale qui n'existe pas du tout actuellement. Quelle justice y a t-il quand on réalise que tous les petits projets d'entreprises passent par le filtre serré des hauts fonctionnaires, des lobbies de multinationales qui surveillent leurs intérêts et des intentions politiques des députés et ministres?
Le citoyen moyen qui veut faire entendre sa voix est paralysé dès ses premières démarches dans les innombrables méandres de tout le réseau des fonctionnaires. Il s'aperçoit rapidement qu'il aura besoin de gros sous pour affronter tout ce qui se présente devant lui. Pourtant, tout ce qu'il veut, c'est sa part, sa place au soleil, ou régler de simples questions de justices. Un exemple, est-il normal que les victimes de bandits aient moins de recours que ces derniers? Est-il normal qu'ils reçoivent peu ou pas d'indemnités et qu'elles se retrouvent souvent complètement abandonnées dans le fouillis du système?
On peut dresser une loooooooonnnnngue liste d'injustices sociales érigées en système au Québec parce que des bandits sont mieux protégés que les simples citoyens. Et, quand je parle de bandits, je ne parle pas seulement de ceux qui sont hors-la-loi. Je parle de ceux qui profitent des lois, du système et des syndicats pour perpétrer leurs crimes. Revenons encore à cette histoire dramatique et horrible qui s'est passée à l'hôpital Honoré-Mercier. Comment se fait-il qu'encore aujourd'hui on protège les incompétents et qu'on semble minimiser, voire banaliser le fait que 11 personnes soient mortes et que des gens les pleurent encore? Sans vouloir moi-même minimiser la chose, je dis qu'il y a de quoi se poser des questions quand on voit les grands sparages autour d'un policier tué en service, probablement par la faute de ses supérieurs incompétents, alors qu'on fait peu de cas de 11 personnes tuées par le système.
Alors, quand Boisclair (tout comme Charest) se prononce sur l'injustice sociale il n'a aucune crédibilité (à cause de son parti, car lui, il a des preuves à faire). Quand j'entend Couillard et son sempiternel leitmotiv "attendons de voir... avant de nous prononcer" je fulmine. Parce que c'est justement ce qui sauve ces mauvais gérants de notre société, le Temps! Et comme les journalistes, un jour scandalisés, oublient rapidement et passent à autres choses, les petits et grands drames d'horreur deviennent vite des faits divers.
Je l'ai dit, je le répète, le mariage de raison de Boisclair avec les syndicats aura... raison de lui. Au mieux, il gagnera cette élection. Mais, l'exaspération généralisée qu'on sent dans tout le Québec le met en sursis, comme tous les partis politiques qui réinventent le bouton à quatre trous à chaque campagne et qu'on ne voit plus durant quatre ans que pour nous écoeurer de leurs décisions anti-démocratiques.
S'il faut le dire en mots directs et bien les voici. J'étouffe dans ce Québec de bureaucrates jamais imputables d'aucune des bêtises qu'ils font et toujours prêts à couper l'herbe sous les pieds des citoyens de "seconde zone" que nous sommes, particulièrement nous de la Haute-Gaspésie. La bureaucratie d'aujourd'hui, c'est l'Église d'hier!!!
La fin des listes d'attente
J'allais publié ce qui précède quand je suis tombé sur une "jolie" nouvelle (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/electionsQc2007/2007/03/18/007-aqcpe-bilan.shtml). L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) décrète que le Parti libéral et le Parti québécois régleront la question des listes d'attente dans les services de garde. Et, l'Association décoche une flèche à l'ADQ au passage. Vous savez ce que ça veut dire?
Simple, comme bonjour. Les fonctionnaires grassement payés du réseau de garde ont peur à leur derrière. Ils ont si peur qu'ils préfèrent mentir et faire croire que Charest et Boisclair tiendront leur promesse d'ajouter 200 millions de dollars plutôt que d'appuyer celui qui menace, disent-ils, de couper dans le gras des fonctionnaires. Ce que défend l'AQCPE, c'est exactement ce que je dénonce. Avoir des fonctionnaires qui ont le nez fourré partout dans la vie de chaque individu, de sa naissance à sa mort. Des fonctionnaires qui contrôlent le moindre de nos pas et qui refusent toute forme de liberté à ceux qui veulent sortir de ce système parce qu'ils n'y croient pas. Voilà un exemple d'injustice sociale!
Une honte......