jeudi - mars 22, 2007
La punition du PLQ
Ce matin j'ai commencé à écrire un texte sur l'attitude de Jean Charest face à la contrariété. Le sujet m'était inspiré de sa dernière frasque qui a consisté à faire fermer les micros des journalistes trop insistant sur le détournement des argents du déséquilibre fiscal à des fins purement électoralistes. Puis, j'ai commencé un autre sujet, celui des publicités qui jouent ces temps-ci à Matane vantant les subventions que certains organismes ont reçu du Parti libéral du comté et encourageant à voter pour Nancy Charest. Je n'ai pas terminé le texte. Cependant, vous pourrez lire plus bas celui écrit sur Jean Charest. Quant à celui sur Nancy Charest, un fait nouveau m'amène à écrire un tout nouveau texte.
À 17h25
Alors que je m'apprête à souper le téléphone sonne. C'est Michel Thibault, l'agent de Nancy Charest. Il m'apprend que je n'aurai plus le droit de recevoir les communiqués de son organisation. Ma faute? Avoir publié une critique intitulée "crainte de représailles" où je fais mention du dépliant (il appelle ça un pamphlet*, il a probablement raison), de Nancy Charest sur les nombreux "cadeaux" faits dans la région par son parti.
Selon monsieur Thibault mon texte est tendancieux. Selon lui j'aurais un parti pris. Selon moi, monsieur Thibault n'a jamais lu aucun de mes textes (J'y reviens plus loin) sauf celui-là qui a dû lui être rapporté par une citoyenne bien-pensante de Cap-Chat que j'ai déjà défendu dans une autre cause, par ailleurs.
Toujours selon monsieur Thibault, madame Charest a bien raison d'écrire ces chiffres-là. Elle utilise une méthode (comptable?) utilisée par d'autres dont Matthias Rioux me dit-il. En me citant Rioux, il me donne la preuve qu'il ne me connaît pas. Je n'en ai rien à foutre de Rioux qui n'a pas plus fait pour nous que les autres. Et, je n'ai rien à foutre du Parti québécois non plus. Peut-être que Thibault a raison dans la méthodologie qu'emploient habituellement les politiciens. Ça aussi je n'en ai rien à foutre. Ce que je sais cependant c'est que Pascal Bérubé a dénoncé ces chiffres-là, il doit bien y avoir une raison. Mais, le plus... hum... comment dire... cocasse, c'est que Jérôme Landry réfute aussi les chiffres que Nancy Charest attribue à son commerce. À ces mots, Thibault me répond que Landry est un imbécile...
Ce que n'aime surtout pas monsieur Thibault c'est l'utilisation du mot Omerta que je fais dans le texte "Crainte de représailles". Selon lui, je suis allé trop loin. Même madame Charest s'en est trouvée attristée. Je suis bien désolé de l'avoir attristé. Mais, à cause de l'attitude assez cavalière de son agent à gros bras, je vais l'attrister encore plus ce soir. Jusqu'ici, je n'ai jamais dit pour qui je votais. Je disais simplement que j'avais promis mon vote. Pour moi, le vote c'est une chose secrète et ça regarde uniquement l'électeur. De toute manière, tout comme il est facile d'aligner des longues listes de chiffres pour impressionner les électeurs puis leur mentir pendant quatre ans, il est aussi facile de dire à quelqu'un qu'on va voter pour lui, pour s'attirer ses faveurs. C'est le X qui compte, le jour des élections, et ça personne n'en sait rien. À l'époque des caisses de bière, les livreurs de chaque parti se suivaient à la queue leu leu chez-nous parce que mon beau-père promettait à chacun de voter pour lui. Un seul recevait son vote, quand il allait voter...
Lorsque madame Charest est venu faire l'annonce officielle de l'implantation de l'usine de Sural à Cap-Chat, le 16 août 2004, je l'ai rencontré après et lui ai dit que pour la première depuis plus de 20 ans, j'allais voter pour quelqu'un, pour elle. Je n'ai jamais voté pour aucun parti politique depuis 1981.
Cette une promesse que j'allais remplir. Alors, me faire dire par un agent de parti que j'ai un parti pris pour les autres, je trouve que c'est avoir non seulement du culot mais faire preuve d'une ignorance totale de la personne à qui il s'adresse. N'est-ce pas que ça ressemble aux méthodes du Boss, Jean Charest? (voir texte plus bas).
Mais, si monsieur Thibault avait lu mes autres textes, s'il m'avait lu depuis un certain temps, s'il s'était renseigné auprès de personnes qui me connaissent, il aurait su ce qu'il a refusé d'entendre, et donc de reconnaître, au téléphone. Pour lui, je ne suis qu'un menteur qui ne pouvait pas voter pour sa candidate à cause de ce que je disais.
Pourtant, ça fait plus de deux ans que j'ai des contacts avec le Parti québécois, principalement avec Pascal Bérubé. Monsieur Bérubé pourrait lui-même témoigner du nombre de fois que je lui ai dit ne vouloir rien savoir de l'option souverainiste. Et combien de fois lui ai-je dit que son parti n'avait rien fait de mieux pour nous que les libéraux. Je n'ai jamais été tendre envers le Parti québécois. Et, je ne le suis pas encore. Je ne crois pas que le Québec puisse être un pays tant que nous serons des moumounes qui se laissent impressionner par les autres. Nous n'avons pas la colonne pour ça. Ce que doit aussi savoir monsieur Thibault c'est qu'il y a quatre ans, j'ai fêté l'arrivée au pouvoir de son parti. J'ai déjà écrit que ça ferait du bien de voir du changement. Ce qui motivait mon grand contentement c'était une parole de Jean Charest. Il avait dit que c'était fini le temps où les québécois étaient les plus taxés en Amérique.
Malgré ce que j'ai dit du Parti québécois ils ont continué à m'envoyer leurs communiqués. Malgré cela j'ai eu droit à des informations qu'il m'aurait été difficile d'avoir autrement.
La punition
Deux semaines après m'avoir fait l'insigne honneur de leur saints et précieux communiqués, le verdict est tombé, je suis puni. Je n'ai plus droit aux communiqués du Parti libéral. Pour un seul texte, je suis honni. Le pire, c'est toute l'hypocrisie qui se cache derrière la décision de Thibault. Lui, il transmet un message. Il est visiblement ignorant de toute la situation. C'est pas très solide, et bien loin de la force de caractère qu'on s'attend habituellement d'une organisation politique.
Je ne sais pas comment vous trouvez le procédé. Au hockey, on appelle ça "cheap shot". Mais, vous savez, je m'en balance. Quand tu fais partie d'une grosse machine comme celle du Parti libéral et que tu n'es même pas foutu de faire face dignement à la contrariété, c'est peut-être que ton organisation n'est pas aussi grande que ses prétentions.
Madame Charest n'aura donc pas mon vote promis. De plus, en ce qui me concerne, le Parti libéral est devenu l'ennemi à abattre.
Monsieur Thibault, tenez-vous le pour dit. Personne, d'aucun parti ne viendra me dire ce que je dois penser, dire ou faire. Vous pouvez punir, menacer, faire peur, isoler, enlever, ça ne changera rien.
Ce qui étonne dans cette façon de faire les choses, c'est que pour me faire la démonstration que le Parti libéral ne menace personne de représailles, j'aie droit à des représailles pour en avoir parlé. Si madame Charest a un peu de classe, si elle est au dessus de ce genre de combat de rues entre mâles qui jouent au plus fort, ou à qui pissera le plus loin (comme chantait Renaud), elle remettra à l'ordre son équipe.
(Petite anecdote: au moment où Michel Thibault me téléphonait, j'écoutais le film les hommes du président sur le scandale du Watergate. Un haut placé de la Maison Blanche venait de téléphoner à un journaliste du Washington Post pour lui rappeler que lorsqu'on va trop loin dans ses enquêtes, il y a parfois des conséquences fâcheuses...)
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C'est la première fois que je met beaucoup de temps sur des élections. J'ai lu énormément de commentaires, de textes, de nouvelles. Je lis, par exemple, les blogues sur Cyberpresse. S'il fallait que les partis politiques refusent d'envoyer leurs communiqués aux grands médias, parce qu'il se dit de choses pas très jolies pour eux, plus rien ne se dirait. Il y a bien pire qui soit dit par les journalistes professionnels que ce que j'ai pu dire. C'est donc une question de classe, de niveau!
J'en arrive à la conclusion que la politique c'est de la pure cochonnerie et je comprend très bien les gens de vouloir s'en éloigner de plus en plus. Je comprend très bien que de plus en plus on glisse vers des candidats sans panache, qui plongent bien plus dans la politicaillerie, qui essaient d'impressionner tellement ils n'ont pas du substance. Les quelques idéalistes, les quelques humanistes, qui s'y essaient, sont des gens téméraires qui ne peuvent pas durer dans cette arène où l'on rencontre plus souvent le pire de l'humanité que le meilleur.
Je crois avoir eu ma leçon. Il y a des choses bien plus belles dans la vie, bien plus intéressantes aussi, que d'écrire sur la politique pour ensuite se faire ramasser par un premier venu!
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Voici le texte sur Jean Charest que j'ai écrit ce matin. Mais avant, j'avoue ceci. Bien que j'aie une petite préférence pour l'ADQ, bien que les idées de Québec solidaire soient intéressantes, bien que je fasse mienne la lutte du Parti vert, je voterai pour Pascal Bérubé. En ce qui concerne le Parti libéral, plus jamais je ne dirai quoi que ce soit de positif sur eux. Et, il en sera ainsi pour tout parti qui voudra jouer des gros bras ou de la grosse langue avec moi!!!
Autre point: Quand j'ai expliqué à monsieur Thibault que l'emploi du mot pamphlet* plutôt que dépliant, par exemple, était un anglicisme, il ne m'a pas donné le temps de lui expliquer la différence. Pour rire de moi, il m'a parlé en anglais pendant une bonne minute. Je le félicite, c'est un bon bilingue. J'invite un des amis de monsieur Thibault à prendre un peu de son temps pour lui faire comprendre ce qu'est un pamphlet dans la langue française.
Jean Charest n'aime pas la contrariété
Monsieur Charest, le très démocrate monsieur Charest, celui qui n'oserait jamais empêcher les autres de parler (pas de bâillon!), se fâche, s'emporte et "fait" fermer le micro des journalistes. Ça va mal pour le monsieur. Et quand il ne peut avoir ce qu'il veut, il se transforme en tyran rouge qui fait fermer la gueule à tout le monde par la force ou le subterfuge.
Il n'est pas rare que nos chefs politiques soient démocrates de paroles et despotes d'actions. On pourrait presque les nommer tous.
Pourtant, chaque fois ça frappe, chaque fois c'est gênant. Parce qu'on est en démocratie, mais aussi parce qu'on s'attend des chefs qu'ils nous donnent l'exemple. Cette fois, monsieur Charest n'est pas content de l'insistance des journalistes sur la question de baisse d'impôt. Ils lui remettent sur le nez d'avoir peut-être détourner le cadeau fédéral à des fins électorales, c'est à dire, pour acheter des votes. Charest a raison de nier. Personne ne dirait que c'est vrai. Même si tout le monde sait que c'est vrai. Mais, pourquoi faire fermer la gueule aux journalistes?
C'est évidemment la peur. C'est évidemment l'incapacité d'affronter la contrariété. C'est exactement ce qu'on a vu de Charest depuis quatre ans. Le bonhomme qui n'écoute que lui-même et qui fait fi de toute contestation de ses idées, ses projets, ses lois! Le monsieur ordonne, c'est tout. Et, c'est de plus en plus la méthode. Regardez à Ottawa de quelle façon Stephen Harper muselle ses troupes. Le droit de parole se perd au Canada. Sauf celui des nouveaux arrivants et des minorités visibles.