Les pompes restent cadenassées

 

(Source:  Le Journal de Québec / Marie-France Bornais) Près de deux semaines après l’élection du maire Joël Côté, les résidents de Rivière-Madeleine, en Haute-Gaspésie, sont toujours privés de leur poste à essence, le seul dans un rayon de 60 kilomètres. Son propriétaire, l’homme d’affaires et garagiste George Patterson, tient parole : son frère James n’ayant pas été réélu à la mairie, il a fermé les valves.

Les automobilistes de cette localité de moins de 400 âmes doivent donc faire le plein dans les stations-service des localités voisines, soit à Grande-Rivière, à 15 minutes en voiture vers l’est, soit à Mont-Louis, à une vingtaine de minutes vers l’ouest.

Cette situation prévaut depuis que James Patterson, en poste depuis 18 ans, a été défait aux élections municipales. Les électeurs, votant dans une proportion de plus de 80 %, lui ont préféré le conseiller municipal Joël Côté, enseignant à la polyvalente C.-E.-Pouliot, à Gaspé.

Le nouveau préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, l’ex-journaliste Allen Cormier, explique que la population est « un peu inquiète », mais que la fermeture des pompes du garage de M. Patterson dérange surtout les personnes âgées, les gens moins mobiles et ceux qui ont un budget limité.

« Les plus vulnérables sont pris en otages et on déplore la situation. Au niveau de la préfecture, on peut encourager toutes les initiatives locales. La commissaire industrielle est entrée en communication avec une dame chef d’entreprise qui m’a demandé les modalités techniques pour mettre en place une station d’essence dans sa localité », a-t-il déclaré en entrevue téléphonique.

Pas rentable

George Patterson a confirmé que les pompes à essence de son garage de Rivière-Madeleine étaient fermées, mais que son atelier était toujours ouvert. Il ne savait pas, vendredi, s’il allait les ouvrir de nouveau.

Le garagiste ne s’inquiète pas du tout de l’ouverture éventuelle d’une autre station-service dans sa localité. « Il n’en ouvrira jamais. Avant, il y en avait cinq et la dernière a fermé l’hiver dernier. C’est partout que ça ferme : il y a eu environ 200 stations-service fermées dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie au cours des 10 dernières années parce que ce n’est pas rentable », a-t-il affirmé au cours d’un entretien téléphonique.

L’homme d’affaires commence à avoir « le feu au cul », selon sa propre expression, pour « tout ce qui se dit ». A-t-il envie de protester? « Des fois oui, des fois non. » Il considère simplement que ça ne fait pas une belle publicité au village. Est-ce que ça va passer? « J’espère! dit-il en éclatant de rire. Si ça ne passe pas... on s’en ira. »

Il n’a pas été possible de recueillir les commentaires de l’ancien maire, James Patterson, vendredi.

15 novembre 2009 17:02

 
 
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