Précisant que «l’enjeu transcende les partis» et qu’il travaillera avec les libéraux, M. Hudon suggère d’investir les consultations que M. Blanchet tiendra du 27 au 29 mai à New Richmond, à Matane et à Gaspé, et de multiplier les mémoires déposés à la Commission de la représentation électorale.



«Il faut qu’on crée une avalanche de mémoires. Le directeur général des élections n’aura pas le choix de nous entendre. Il faut être présent. Il ne faut pas se contenter d’un après-midi de consultations comme en 2000», note M. Hudon.



«Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec l’idée d’écrire un mémoire. Donc il ne faut pas permettre à M. Blanchet de parler devant des salles vides. C’est un enjeu aussi important, à mon avis plus important, que le dossier de Belledune», dit-il en évoquant la mobilisation de la baie des Chaleurs en 2003-2004 contre le projet d’incinérateur à Belledune.



En Gaspésie, Marcel Blanchet prône l’abolition de la circonscription de Gaspé et son partage entre celles de Matane et de Bonaventure, puis un transfert de portions de territoires qui font fi du découpage des MRC. Au Bas-Saint-Laurent, Kamouraska-Témiscouata serait divisée dans les circonscriptions voisines.



Marc-André Hudon estime que M. Blanchet n’a tenu compte que du facteur arithmétique «un homme, un vote» pour déterminer une nouvelle carte. «Il a complètement évacué le principe de la représentativité effective. Deux canaux illustrent ses lacunes de raisonnement. Le député doit être présent et l’électeur doit avoir accès à son député. On coupe un comté, mais on n’ajoute pas deux heures par jour et des jours aux semaines», dit-il.



M. Hudon croit que l’Assemblée nationale devrait changer la loi afin d’éviter que les régions soient «insultées» tous les deux mandats. Il note que le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, «disait récemment ne pas avoir besoin de député parce qu’il a recours au premier ministre et à 20 ministres dans la région de Montréal».



Jacques Asselin, maire de Cabano, au Témiscouata, se demande «si on ne serait pas mieux avec le Nouveau-Brunswick quand on ne veut plus nous voir. C’est une farce (...). Une pétition pourrait, par exemple, être lancée dans le public. On est connu au Témiscouata pour être capable de faire changer les choses».



Le député-ministre de Kamouraska-Témiscouata, Claude Béchard, dont la circonscription disparaîtrait dans le scénario Blanchet, fait appel à la mobilisation des forces vives.



«Il faut que les gens se mobilisent parce que cette réforme va les toucher, surtout que nos responsabilités sont plus grandes auprès des citoyens que le gouvernement fédéral.»