Source: Le Soleil / Gilles Gagné et Matthieu Boivin

M. Babin terminait seul une séance de cerf-volant acrobatique dans le bâtiment de 
20 mètres sur 30 qui est relié à l’école primaire Saint-Donat par un couloir, quand il a compris que quelque chose clochait.



«J’ai entendu un immense bruit. Je me suis retourné et les tuiles du plafond tombaient. J’ai eu le réflexe de me diriger vers la porte de sortie. Mais il y a plein de choses qui me sont tombées sur le dos. Il est resté un mur debout. Je suis sorti par la porte qui donnait sur le mur», expliquait M. Babin, retourné chez lui après un examen au centre hospitalier de la Baie des Chaleurs, situé à quelques centaines de mètres du gymnase.



Un groupe d’une quinzaine d’adeptes de taekwondo, des enfants et des adultes, ont gagné à la même loterie que Bruno Babin, «la loterie de la vie», résumait-il.



«Après mon heure de cerf-volant, le groupe de taekwondo prend le gymnase. Ça aurait pu être bien pire. (Si le toit s’était écroulé) cinq minutes plus tard, ça aurait été une hécatombe. Je n’ose pas y penser», poursuit Bruno Babin.



En plus d’un choc nerveux, il a été traité pour une ecchymose sur la tête et des éraflures ailleurs sur le corps. Mais il n’allait pas se plaindre hier soir. Allait-il être capable de dormir? «Je vais essayer.»



Les premières personnes à lui porter secours étaient certaines qu’elles le trouveraient sous les décombres, mais elles l’ont vu dehors. La surveillante du gymnase, Maybell Williamson, a aussi été traitée pour un choc nerveux.


La pente n’a pas aidé



Le directeur général de la commission scolaire René-Lévesque, Alain Desmeules, hésite avant de dire si c’est l’accumulation de neige sur le toit du gymnase construit il y a une vingtaine d’années qui a causé l’effondrement. «Des ingénieurs vont se pencher là-dessus afin de voir si c’est la neige, un problème avec la structure, le vent ou la combinaison de ces trois éléments qui ont provoqué l’effondrement», indique M. Desmeules.



Ce dernier reconnaît que le personnel de l’école n’avait jamais jugé bon de faire déneiger le toit du gymnase. «C’était un toit en pente et nous pensions qu’il n’était pas nécessaire de retirer la neige sur le toit», a affirmé M. Desmeules.



Aujourd’hui, des inspecteurs de la commission scolaire effectueront la tournée de toutes les écoles afin de voir si des toitures doivent être déneigées en urgence. La dernière tempête a laissé plusieurs centimètres de neige sur la Gaspésie.



«Il ne faut pas oublier que nous avons fait des interventions pour la neige dans plusieurs écoles au cours de l’hiver et que nos inspecteurs ont aussi vérifié l’état de plusieurs structures.»



Une seule école de la commission scolaire René-Lévesque, la polyvalente du Littoral de Grande-Rivière, a été fermée lundi dernier en raison de l’accumulation de neige.



Selon M. Desmeules, les dirigeants de la commission scolaire et de l’école décideront demain soir si l’école primaire Saint-Donat ouvrira normalement ses portes à ses quelque 140 élèves. «Nous devons évaluer plusieurs questions, dont celles reliées à la sécurité des élèves.»