Source: Le Soleil / Gilles Gagné


Photo: Marc-André St-Pierre

La publication s’attarde aux établissements, mais surtout aux familles ayant fondé les hôtels, restaurants et auberges, et au type de visiteurs, de la clientèle de villégiature de luxe des XIXe et XXe siècles aux citoyens ayant profité de la démocratisation du concept de vacances pour découvrir la Gaspésie.



«On oublie souvent aussi les voyageurs de commerce et leur contribution au développement hôtelier. Ce sont eux qui ont fait vivre beaucoup d’hôtels, avec le développement du commerce du détail», précise Jean-Marie Fallu, historien et rédacteur en chef du Magazine Gaspésie.



Il faut remonter au milieu des années 1850, période d’adoption d’un règlement consacrant l’émission de baux privés englobant les rivières à saumon pour assister à la naissance d’une villégiature en Gaspésie, villégiature de luxe qui adopte les camps de pêche cossus.



L’amélioration des moyens de communications, les navires à vapeur et le chemin de fer à la fin du XIXe siècle, accélère le développement de l’hébergement. Les hôtels poussent près des gares et l’ouverture de la route ceinturant la péninsule en 1929 donne un élan majeur au secteur. Jean-Marie Fallu vante l’entrepreneuriat local en hébergement et en restauration.


Entreprises familiales


«S’il y a une industrie qui s’est développée en Gaspésie, c’est l’industrie hôtelière. On peut prendre pour exemple le couple Anna Lemarquand et Ernest Poirier à Paspébiac. Il était mécanicien et quand un touriste arrêtait pour faire réparer, il fallait parfois quelques jours avant que la pièce arrive. Il invitait les voyageurs à manger ou coucher à la maison et c’est ainsi qu’est né l’hôtel Poirier», dit-il.



Le Magazine Gaspésie consacre plusieurs textes à la naissan­ce et à l’évolution de ces entrepri­ses familiales comme celles des Guité à Carleton, Maria et Percé, des Ouellet à Carleton et à Percé, des Adams à Gaspé, des Boulay à l’Anse-à-Valleau, des Dubé à Matapédia, des Baker à Gaspé ou des Gagné à Rivière-Madeleine et Percé.



La publication a rendu hom­mage, lors du lancement de son dernier nu­méro à Matapédia, à huit famil­les ayant perpétué la tradition hôtelière et gastronomique à travers les générations. Jean-Marie Fallu signe aussi un texte sur Lise De Guire, fondatrice, avec feu Sydney Maloney, son conjoint, de l’Auberge Coin-du-Banc à Percé, un lieu unique, mettant l’accent sur l’art.